Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le 25 janvier dernier, les chefs d’État et de gouvernement se sont enfin accordés sur la mise en place d’indicateurs de risque harmonisés. Et c’est une très bonne chose. Mais, en même temps, le 25 janvier dernier, les représentants des 28 États membres ont été incapables d’adopter les lignes directrices proposées par la Commission européenne visant à protéger les pollinisateurs des dommages causés par les pesticides. Alors où est la vérité?

La vérité, c’est que depuis 2013, la Commission a proposé vingt-cinq fois aux États membres un texte visant à mieux protéger les abeilles des pesticides.

La vérité, c’est que 40 % des insectes ont disparu lors de la dernière décennie et que le taux de mortalité des abeilles atteint les 80 % dans certaines régions de l’Union européenne. L’agriculture intensive est le principal moteur de ce déclin et, avec elle, l’utilisation de pesticides à outrance. La vérité, c’est que les chefs d’État continuent de se cacher derrière des décisions pseudo européennes qui ne sont en réalité, ni plus ni moins, que les leurs. C’est que les progrès enregistrés sur l’utilisation durable des pesticides sont largement insuffisants, notamment en termes d’alternatives. C’est que ces mêmes chefs d’État doivent en finir avec leur hypocrisie sur la question des pesticides et cesser de dérouler le tapis rouge aux multinationales de l’agrochimie.

Il est temps, Monsieur le Commissaire, que la Commission européenne tape du poing sur la table, exige que les États membres rendent des comptes et lancent, le cas échéant, des procédures d’infraction. Il en va de la santé des 500 millions de citoyens européens.