Communiqué de la DSF – 15/04/2015

Le 15 avril, les députés européens, réunis en session plénière à Bruxelles, ont voté une aide de 6 millions d’euros pour les salariés licenciés de Mory-Ducros dans le cadre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM). La demande d’aide concerne 2 513 travailleurs répartis sur plus de 80 sites en France métropolitaine.

Avant sa mise en liquidation en février 2014, le groupe Mory-Ducros était le second opérateur dans le secteur de la messagerie et de l’affrètement. Le groupe a subi de plein fouet les conséquences du déclin du transport routier de marchandises dans les véhicules de plus de 3,5 tonnes. Celui-ci, en raison de la crise et d’une moindre activité, a diminué de 13,7 % dans l’Union européenne entre 2007 et 2012. Cette baisse a engendré une guerre des prix et une concurrence accrue entre les transporteurs tandis que leurs marges d’exploitation diminuaient face à la hausse concomitante du coût de l’essence, des salaires et des matériaux. 

« Ce fonds a été créé pour faciliter la réinsertion des travailleurs licenciés victimes de la mondialisation, a défendu Jean-Paul Denanot, rapporteur de ce dossier, devant ses collègues parlementaires. Cet argent sera versé à l’Etat français. Celui-ci ayant fait l’avance pour financer dans l’urgence les mesures de réinsertion. »

Grâce à un appui personnalisé où prime la construction d’un nouveau parcours professionnel à travers la formation et/ou une aide à la création d’entreprises, l’objectif est de maximiser les chances de retour à un emploi durable pour les travailleurs concernés.

Au-delà de cette aide ponctuelle et « réparatrice », Jean-Paul Denanot plaide pour un FEM « préventif » où le soutien européen interviendrait plus en amont, avant même que les entreprises ne mettent la clé sous la porte.

« Le transport de marchandises souffre beaucoup, particulièrement en France. Cette situation est due en partie au défaut d’harmonisation sociale et fiscale en Europe. Tant que cette asymétrie entre les Etats prévaudra, nous serons confrontés à ce type de situation, dramatique pour les travailleurs licenciés et leur famille. »