Dans la perspective du vote du 16 janvier, Eric Andrieu soutient pleinement l’amendement interdisant la pêche électrique. Il demande au gouvernement français de changer de position et d’affirmer son opposition à cette technique de pêche d’un autre âge.

 

Le 21 novembre, la commission pêche du Parlement européen a voté contre la proposition de la Commission européenne d’étendre la pêche électrique en Europe. Cependant, l’autorisation dérogatoire pour quelques pêcheurs néerlandais à titre expérimental en Mer du Nord est restée valable.

Certains diront que la pêche électrique fait moins de dégâts que la pêche à la grenade. Si la technique est plus discrète, elle n’en fait pas moins des dégâts considérables sur les écosystèmes, et vient en contradiction totale avec le principe de durabilité qui fonde la politique commune de la pêche.

Avant même les informations émanant d’ONG démontrant que la Commission européenne aurait dissimulé une expertise scientifique afin d’autoriser une pratique destructrice, la délégation socialiste française au Parlement européen était à l’initiative d’un vote, le 21 novembre dernier, de la commission pêche du Parlement européen contre la proposition de la Commission européenne d’étendre la pêche électrique en Europe. C’était là une première victoire, même si la dérogation de 2007 restait valable.

Pour rappel, depuis 2007, une dérogation introduite par la Commission européenne et le Conseil autorise 5% de la flotte néerlandaise à recourir à la pêche par impulsion électrique à titre expérimental en mer du Nord, alors que la pratique est interdite depuis 1998 en Europe. Elle est d’ailleurs totalement interdite en Chine depuis le constat des dégâts considérables de la pêche électrique à la crevette, au Brésil et encore aux Etats-Unis, et même Donald Trump, qui n’est pas connu pour être un défenseur de la planète, n’a pas eu l’idée de revenir sur cette interdiction.

Au stade actuel, la délégation socialiste française au Parlement européen demande le report du vote en plénière au Parlement européen car la publication de l’avis du Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) après le vote en commission de la pêche rouvre le débat. La délégation soutient pleinement l’amendement d’Isabelle Thomas et Yannick Jadot pour interdire la pêche électrique et demande au gouvernement français de changer de position et d’affirmer son opposition à cette technique de pêche.

Dans le cas où le vote serait maintenu à la date prévue, nous ferons tout pour obtenir un meilleur résultat que lors du vote en commission parlementaire : maintenir cette pratique à titre dérogatoire reste inacceptable lorsque l’on sait qu’il existe de forts soupçons quant à la dangerosité de cette technique de pêche sur la faune halieutique, notamment les juvéniles, et les écosystèmes marins. Les pêcheurs de la Mer du Nord en font la triste expérience tous les jours. Cette technique de pêche doit donc être définitivement bannie des eaux européennes comme elle l’est ailleurs.