Communiqué de presse de Pervenche Berès, Présidente de la délégation socialiste française – 17/07/ 2014

Tard dans la nuit, les chefs d’Etat et de Gouvernement se sont quittés sur un désaccord quant aux nominations aux postes de responsabilité de l’Union européenne.

Le contraste avec ce qui s’est passé lors de cette session au Parlement européen est saisissant : contrairement au Conseil, les députés européens ont, eux, prouvé leur efficacité en désignant le Président de la Commission, grâce à une procédure véritablement démocratique qui répond au besoin de lisibilité et de transparence exprimé par les citoyens.

Cette semaine restera donc marquée d’un côté par un signe engageant de parlementarisation, et de l’autre par l’habituel marchandage auquel se livrent les Etats.

Cet échec est décevant à plus d’un titre. Les Européens ne comprennent pas ces tractations qui n’ont que peu à voir avec les qualités des candidats en lice. Ils veulent au plus vite une Union en état de marche, une Europe qui agit, les protège, et cesse de les décevoir et met en œuvre sa réorientation, conforme à celle dessinée lors de la rencontre des responsables socialistes à Paris.

Cette séquence conforte notre conviction que l’avenir de l’Europe et de ses institutions passe par davantage de démocratisation, un rôle plus grand des partis politiques européens, du Parlement européen, des parlements nationaux, également.

Après l’élection au suffrage universel, le vote du budget, la co-décision, la réussite de cette nouvelle procédure de désignation du Président de la Commission marque une étape essentielle dans la montée en puissance de notre institution.

Notre réussite nous autorise à envisager et à exiger pour la suite de nouveaux pouvoirs : le droit d’initiative qui fait encore défaut à notre institution et le droit, aussi, de déterminer, à jeu égal avec la Commission et le Conseil, la méthode pour doter l’Union de nouvelles ressources budgétaires -« les ressources propres », leur périmètre et leur affectation.

Mandature après mandature, notre Parlement démontre sa responsabilité. La réorientation de l’Union et la relance de politiques volontaristes tournées vers la croissance et l’emploi passent par la reconnaissance de son action et l’octroi de nouvelles prérogatives.