Le 18 mars dernier, Eric Andrieu a participé à la conférence annuelle de l’industrie laitière européenne, EDA (European Dairy Association), qui représente et protège les intérêts de l’industrie laitière européenne (tous les transformateurs à l’exception des coopératives).

Après 31 ans d’existence, les quotas laitiers vont disparaitre. Désormais le marché sera libéralisé alors que le Groupe S&D s’y est toujours opposé. Cette perspective soulève interrogations et inquiétudes chez les producteurs vis à vis de l’avenir de la filière laitière européenne.

Au cours de cette conférence, Eric Andrieu a rappelé que la fin des quotas constituait une vraie rupture de la régulation laitière passant d’une régulation administrée par les pouvoirs publics à une régulation privée.

Il considère que la filière laitière est face à un double enjeu.

Le premier est de maintenir une production laitière durable sur l’ensemble des territoires de l’Union européenne et tout particulièrement dans les zones les plus fragiles sur le plan économique et social comme les zones de montagnes, de piémont, ultrapériphériques ou les zones intermédiaires à faible densité laitière. Cela passe par des politiques de soutien ambitieuses pour ces régions via les politiques de développement rural et de redistribution des aides de la PAC.

Le second enjeu, malgré de nouvelles opportunités à l’export, est de pouvoir faire face à une extrême volatilité des prix, associé à un plus grand contrôle de la production. Il est ainsi indispensable de renforcer la connaissance des marchés avec un suivi des prix et des coûts de production par l’amélioration de l’actuel observatoire du marché du lait. Cet observatoire doit devenir un véritable outil de pilotage et d’alerte précoce permettant d’intervenir en cas de perturbations du marché grâce à des mesures de gestion de crise nouvelles du type de celle qu’avait proposé le Parlement européen dans la réforme de la PAC. Le député a aussi ajouté qu’à travers une vision dynamique et partagée de l’état du marché et de son avenir, au sein de toute la filière laitière, distribution comprise, le perfectionnement de l’actuelle politique contractuelle, pouvait non seulement permettre d’intervenir sur la volatilité mais aussi sur une indispensable maîtrise des volumes de production.