Retrouvez ma tribune publiée dans le journal Midi Libre : 

Après les œufs contaminés au Friponil, l’affaire du miel frelaté, le renouvellement controversé du glyphosate, l’Europe est à nouveau sous le feu des projecteurs avec un énième scandale sanitaire : celui de la viande avariée polonaise.

Mais cette fois, l’Union européenne a fait le « job »! Contrairement à ce que claironne Madame Le Pen sur tous les médias français, c’est suite à une demande de la Commission que la Pologne a été forcée de déclencher le service d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), afin d’en informer les 28 Etats membres. Les inspecteurs dépêchés en Pologne par la Commission ont entrepris, dès lundi 4 février, leur audit des contrôles officiels sur le terrain avec les autorités polonaises chargées de l’enquête.

Dans ce feuilleton, trois remarques s’imposent.

La première est que ces scandales sanitaires ne sont pas l’apanage de l’Union Européenne mais bien la marque d’un système de production intensif arrivée à bout de souffle et que le repli sur soi n’est pas la solution. Les scandales en France du chlordécone, de Lacatlis ou, plus près de chez nous, l’affaire « Spanghero » sont là pour le rappeler.

La seconde est que la multiplication de ces crises sanitaires doit nous inviter à repenser notre modèle agricole. Toutes les réformes de la PAC engagées depuis les années 90 ont laissé le libre cours au seul marché productiviste et dangereux pour notre sécurité alimentaire. À juste titre, les consommateurs veulent savoir ce qu’il y a dans leurs assiettes et dans leur verre et appellent à plus de transparence et à une meilleure traçabilité. Nous devons favoriser une « reterritorialisation » de notre agriculture organisée autour de circuits courts et d’exploitations à taille humaine.

Troisièmement, face à ces fraudeurs transfrontaliers, il est urgent de mettre en œuvre un véritable Plan d’action européen. Le réseau européen d’alerte RASFF, créé en 1979, et les contrôles aux frontières sont aujourd’hui insuffisants. Il est essentiel de mettre en place un procureur européen à la sécurité alimentaire, doublé d’un véritable FBI européen, dotés de réels moyens d’investigation et de sanctions suffisamment dissuasives. Devant l’ampleur de ces scandales sanitaires, nous avons besoin de plus d’Europe et non l’inverse! Ce n’est qu’à ce prix que nous protégerons efficacement la santé des 7 millions d’Occitans et des 500 millions d’Européens.

Eric Andrieu
Eurodéputé PS
Rapporteur sur la réforme de la PAC