Le 24 janvier, au terme de plusieurs mois d’intenses négociations et après l’examen de plus de 7500 amendements, la commission de l’agriculture du Parlement Européen s’est enfin prononcée sur le futur de la prochaine Politique Agricole Commune (PAC). Nous sommes enfin parvenus à poser les bases d’une PAC plus juste, plus respectueuse de l’environnement et mieux régulée.

Désormais s’ouvre pour tous les agriculteurs actifs de l’Union un droit au paiement de base, y compris sur les surfaces aujourd’hui inéligibles, et une aide au « verdissement » pour tous ceux qui acceptent de mettre en place de bonnes pratiques culturales en faveur de l’environnement et du climat (diversification des cultures, agriculture biologique…). Sur ce sujet je me félicite de l’adoption, de mes amendements visant à inclure dans le dispositif les exploitations comptant plus de 75% de leurs surfaces en prairies ou pâturage permanent, les Surfaces d’Intérêt Ecologiques (haies, terrasses, fossés et cultures sans apports azotés ou pesticides) et les investissements, sous conditions, dans les domaines de l’irrigation et de la forêt. Grâce à cette remise à plat du système de soutien direct à l’agriculture une nouvelle PAC se met en place. Jamais réforme n’est allée aussi loin en faveur de l’environnement et du développement durable. Ce sont là des points essentiels que le groupe Socialiste et Démocrate a réussi à faire passer, tout comme nous avons obtenu plus de justice dans la distribution des aides européennes. Désormais les 50 premiers hectares bénéficieront d’une surprime financée par les plus grandes exploitations tandis que les aides seront enfin plafonnées et obéiront au principe de dégressivité, règles combattus par la droite qui a refusé d’aller en-deçà du plafond de 300 000 € par agriculteur comme nous le demandions.

Enfin, il faut également se féliciter que la nouvelle PAC renforce, conserve et améliore les mesures de marché et ses outils de contrôle de la production. C’est le cas pour le sucre, le lait ou encore le blé dur qui, sur ma proposition, redevient éligible à l’intervention publique et bien entendu pour le vin qui devrait voir son système de régulation des plantations conforté jusqu‘en 2030.

Nombreux sont ceux qui jugerons que cette réforme va trop loin ou n’est pas assez audacieuse. Pour ma part, elle est le fruit de négociations soutenues qui ont permis d’aboutir à 122 compromis et au meilleur accord possible entre les différents groupes politiques. L’important est que le dispositif soit prêt et puisse rentrer en application dans les meilleures conditions.