Eric Andrieu organisait ce mercredi 29 août au Parlement Européen une conférence-exposition sur le pastoralisme en Occitanie.

 

Bruxelles – Devant des représentants du Parlement et de la Commission européenne, et en présence d’éleveurs et spécialistes du pastoralisme, l’eurodéputé du Sud-Ouest Eric Andrieu (PS) inaugurait à Bruxelles une exposition de cinq jours dédiée aux enjeux du pastoralisme. Dans son introduction le nouveau Vice-président des sociaux-démocrates européen a souligné « L’objectif de cette manifestation est de sensibiliser les parlementaires européens aux réalités du pastoralisme et d’aborder les problématiques actuelles, à commencer par la question du loup. » Avant d’ajouter : « Nos productions de montagne sont une source d’emploi et un moteur économique dans des territoires ruraux à handicap naturel, avec un effet d’entraînement sur le tourisme et l’artisanat. Elles assurent l’entretien des paysages, présente de réels atouts pour l’environnement et comporte une dimension culturelle, qui fait partie du patrimoine français et européen. Nous devons garder nos territoires vivants ! »

L’eurodéputé parrainait l’exposition réalisée par des élèves du Lycée agricole Terre Nouvelle de Marvejols (Lozère, France). Pour l’enseignante Marlène Crueyze qui avait fait le déplacement avec deux de ses collègues : « Mes étudiants, lauréats du SIA 2016 ont répondu à l’appel à projet des Ovinpiades Collectives sur le thème suivant : Les atouts environnementaux de l’élevage ovin. Ils ont pu ainsi valoriser l’importance du pastoralisme grâce à l’échantillon ovin lozérien pour permettre une prise de conscience nationale ! Apprendre à communiquer pour valoriser des pratiques d’élevages modernes ou ancestrales, des filières de qualités et des savoirs faire pour éviter que le tyran du consommateur soit l’ignorance ! »

Présente également Sophie Pantel, Présidente du département de la Lozère (PS) a estimé que « la présence du loup est incompatible avec l’élevage extensif dans nos montagnes et remet en cause l’économie agricole et la vie rurale »

Tour à tour, les experts invités sont revenus sont revenus sur les caractéristiques de ces savoir-faire d’élevage.

Pierre Martin, éleveur, Président de l’Association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées (ACAP), a souligné la spécificité du pastoralisme et sa dimension collective. « Il est important que dans la future PAC ces espaces collectifs soient reconnus comme des espaces de production. »

Michel Meuret, Chercheur à l’INRA de Montpellier, spécialiste des pratiques surfaces pastorales, a souligné « un cruel paradoxe pour les éleveurs et bergers : être encouragés à entretenir par le pâturage des paysages riches en biodiversité et prévenir les incendies, et devoir aussi s’en méfier en raison des attaques de loups. »

Pour Annie Cipière du Centre de Ressources sur le Pastoralisme et la Gestion de l’Espace : « Le pastoralisme collectif, bien vivant et sans cesse réadapté, tient un rôle important pour les collectivités en charge du développement des territoires ruraux. Il est au cœur d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux. » 

Pour Christine Valentin, Présidente du Service commun pastoralisme de la Chambre Régionale d’Agriculture d’Occitanie : « Les surfaces pastorales sont essentielles pour l’économie des exploitations méditerranéennes, elles permettent leur autonomie fourragère. La future PAC doit leur reconnaître une éligibilité totale aux aides pour conforter la durabilité des exploitations à dominante pastorale. »

Michèle Boudoin, Présidente de la Fédération nationale ovine a de son côté alerté : « La filière ovine est fragile dans un contexte européen qui risque d’être bouleversé par le Brexit. L’élevage pastoral produit des biens publics reconnus par tous, il est une nécessité pour la vitalité et l’économie des territoires ruraux européens, et les attaques de grands carnivores sont une menace. Il faut que la Direction Générale de l’Environnement de la Commission ne soit pas autiste devant la réalité des faits partout en Europe la prédation du loup progresse. Nous devons faire bouger les choses et permettre aux éleveurs le droit élémentaire de défendre leur troupeau ! »

La Commission européenne, représentée par Luis Carazo Jiménez de la Direction Générale de l’Agriculture et du Développement Rural a conclu la conférence en soulignant les atouts du pastoralisme dans la cadre d’une agriculture européenne riche et variée et en mettant l’accent sur les outils actuellement disponibles pour le soutenir, « des outils qui devront être simplifiés et rendus encore plus efficaces dans le cadre des propositions de réforme de la PAC actuellement en discussion. »

En guise de conclusion, et après avoir remercié les intervenants de s’être déplacés jusqu’à Bruxelles, Eric Andrieu a invité les 70 participants à déguster les produits occitans[1] exposés sur les tables du Parlement européen.

 

 

Contact presse : Raphaël Delarue : + 32 486 359 463

 

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[1] Saucisse sèche et tomme de brebis de Lozère, tomme de vache des Pyrénées pâté de porc de Bigorre, AOP Corbières des terroirs du Vertige.