Nous ne pouvons que dénoncer l’octroi du poste de ministre de l’Intérieur à M. Salvini, ouvertement raciste, désormais en première ligne pour appliquer un programme assassin vis-à-vis des migrants. Avec cette nomination, c’est la Méditerranée qui est en deuil. Elle va se transformer un peu plus en cimetière.

 

Ne nous y trompons pas, cette victoire de l’extrême droite est d’abord le fruit des œuvres de la droite traditionnelle italienne : M. Berlusconi a servi de marche-pied à l’extrême droite, comme M. Wauquiez en France se prépare à faire la courte échelle aux descendants de Le Pen…

C’est aussi un échec des Européens, incapables de gérer, dans la solidarité, le défi migratoire.

Après l’Autriche, la Pologne, la Hongrie ou encore la Slovaquie, la menace contre la démocratie s’étend. Il faut d’urgence mettre en place un mécanisme européen de respect des droits fondamentaux, organiser la solidarité des Européens dans l’accueil des migrants et doter l’euro des moyens de la stabilité et la convergence.

Relevons l’immense hypocrisie des nouveaux dirigeants italiens ; si ces deux partis ont réussi à faire croire aux citoyens qu’ils incarnaient la lutte contre l’austérité, le vernis ne résiste pas une seconde au principal point du programme qui sera mis en œuvre : le projet de « Flat Tax » est un cadeau aux plus riches. Les premières victimes de cette politique seront les classes populaires, car ce manque à gagner fiscal aura des conséquences pour les plus défavorisés. Cette décision ne pourra qu’aggraver les politiques d’austérité en Italie. Mais attention, c’est aux Italiens de décider pour eux-mêmes, « Bruxelles » doit corriger ses erreurs politiques et économiques, elle ne peut pas nier ce que les urnes ont dit.

Dans cette Europe tourmentée, inquiète pour son identité et son avenir, les membres de la délégation socialiste française au Parlement européen continueront de plaider sans relâche pour des réponses qui passent par la solidarité entre les Européens : environnement, santé, sécurité, emploi, fiscalité… sur tous ces sujets, les meilleures réponses sont celles qui sont apportées en commun, de façon coordonnée à l’échelle européenne, et non pas contre tel ou tel bouc-émissaire.