Question écrite d’Eric Andrieu à la Commission Européenne

« J’ai récemmment été sollicité par des agriculteurs et des élus de la région Provence Alpes Côte d’Azur à propos d’attaques de la drosophile Suzuki, un moucheron importé d’Asie en 2010 qui cause de très gros dommages à certaines espèces fruitières et en particulier celle du cerisier, avec les conséquences que l’on sait pour les revenus des producteurs mais aussi pour l’économie régionale.

En 2014 presque la moitié de la récolte de cerises à été touchée par le ravageur dans le département du Vaucluse. Les professionnels sont aujourd’hui bien démunis pour faire face à cette nouvelle calamité.

Tout le Sud et l’Est de l’Europe sont concernés par celle ci. A défaut de disposer de solution pratique immédiate et suffisamment efficace il me semble extrêmement important de mobiliser dans les meilleurs délais des moyens en matière de recherche et d’innovation pour affronter ce ravageur.

La Commission a t-elle déjà été saisie du phénomène de la drosophile Suzuki? Que pense t-elle entreprendre pour tenter d’apporter des solutions concrètes permettant de lutter efficacement contre cet insecte particulièrement destructeur

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Réponse donnée par M. Andriukaitis au nom de la Commission

La Commission a reçu quelques autres manifestations d’inquiétude à propos de Drosophila suzukii. En 2012 déjà, elle a consulté les États membres à ce sujet et a conclu qu’il n’était pas opportun de réglementer cet organisme en tant qu’organisme de quarantaine dans la législation phytosanitaire de l’Union , en raison de la dissémination dudit organisme sur le territoire de l’Union et à la suite des résultats d’une évaluation du risque phytosanitaire réalisée par l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP).
La Commission finance, au titre du 7e programme-cadre

(7e PC) et du programme-cadre «Horizon 2020» de l’UE, des activités de recherche sur Drosophila suzukii. En particulier, le projet DROPSA mené dans le cadre du 7e PC porte entre autres sur ce ravageur et cherche à comprendre sa biologie, son écologie et son épidémiologie et à trouver des solutions pour l’éradiquer. Par ailleurs, le projet nEUROSTRESSPEP du programme «Horizon 2020» vise à détecter des hormones neuropeptides susceptibles d’être utilisées, de manière totalement inédite, à des fins de lutte biologique contre les insectes. Des activités pertinentes ont également été financées dans le cadre du réseau EUPHRESCO ERA-Net, qui coordonne des programmes nationaux de recherche et lance des appels à projets transnationaux sur des questions phytosanitaires .

Les organisations reconnues de producteurs dans le secteur des fruits et légumes peuvent ajouter aux mesures de prévention et de gestion des crises prévues dans leur programme opérationnel une assurance récolte et la constitution de fonds de mutualisation. L’assurance récolte couvre les pertes causées par des catastrophes naturelles, des phénomènes climatiques et, le cas échéant, par des maladies ou des infestations parasitaires. L’objectif des fonds de mutualisation est de stabiliser les revenus des producteurs. En outre, la replantation de vergers après l’arrachage obligatoire est également éligible au titre de mesures de prévention et de gestion des crises si les États membres prévoient une telle mesure dans leur stratégie nationale .