L’eurodéputé Eric Andrieu appelle la Commission européenne à rejeter « une acquisition néfaste pour la concurrence, dangereuse pour les citoyens et mortifère pour les agriculteurs. »

Strasbourg – Les actionnaires de Monsanto ont donné aujourd’hui leur feu vert à la reprise du géant américain des semences OGM par le chimiste allemand Bayer pour 66 milliards de dollars. Près de 99% d’entre eux se sont exprimés en faveur de la transaction. « Quand 99% des actionnaires de Monsanto votent le rachat par Bayer et que 99% des habitants de la planète se sentent en danger… Il y a urgence!», s’inquiète l’eurodéputé socialiste Eric Andrieu, qui avait saisi en septembre dernier, avec 54 de ses collègues, la Commission européenne afin qu’elle rejette cerachat.

« Ce nouveau géant représentera un mastodonte au pouvoir extrêmement puissant auprès des États et des décideurs politiques. Il aura les limites que les autorités de la concurrence lui imposeront, ou non » estime Eric Andrieu. L’eurodéputé appelle ainsi la Commission européenne « à rejeter cette acquisition néfaste pour la concurrence, dangereuse pour les citoyens et mortifère pour les agriculteurs. »

Pour le Vice-président de la Commission Agriculture du Parlement européen : « il ne s’agit pas seulement d’une simple question de concurrence mais bien d’un choix de société. Le modèle de développement agricole que sous-tend la fusion de Bayer et Monsanto est aux antipodes de ce qu’attendent la majorité des agriculteurs et des citoyens européens. »

« On risque d’assister à une homogénéisation à l’échelle planétaire de notre alimentation basée sur une artificialisation de l’agriculture déconnectée des territoires et notre écosystème. », prévient l’eurodéputé du Sud-Ouest.

A ce stade la Commission européenne n’a pas encore été notifiée par Bayer et Monsanto de cette transaction. Le Règlement (CE) no139/2004 du Conseil du 20 janvier 2004 relatif au contrôle des concentrations entre entreprises prévoit qu’une fois notifiée, la Commission dispose de 25 jours de travail pour analyser la transaction lors d’une première enquête préliminaire.

« En tout état de cause, nous suivrons l’évolution de ce dossier mobilisés et avec la plus grande attention» conclutEric Andrieu.

 

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