Eric Andrieu et l’OCM Vitivinicole*

L’Institut Français de la Vigne et du Vin- Pôle Sud-Ouest (IFV Sud-Ouest) et l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest (IVSO) ont organisé les 10 et 11 décembre dernier, à l’Ecole d’Ingénieurs de Toulouse-Purpan, les 1ères assises des vins du sud-Ouest.

Invité pour donner sa lecture économique et sociétale des grands enjeux de la future OCM viticole dans un marché mondialisé et en constante évolution, Eric Andrieu s’est attaché à dresser un bilan de ce qui avait été garanti pour la filière à l’occasion de la négociation de la dernière Politique Agricole Commune (autorisations de plantations et élargissement des programmes d’aide nationaux, principaux instruments d’aide au secteur vin). Dispositifs qui n’étaient pas garantis à l’ouverture des négociations avec le Parlement Européen car depuis quelques années la Commission européenne tente d’imposer son dogme libéral à ce secteur. En opposition radicale avec ceux de la Commission et du Parlement qui ne verraient pas d’un mauvais œil la disparition des outils de soutien, Eric Andrieu, satisfait du maintien de ces mesures pour les années à venir, rappelle que « les enjeux liés au maintien d’une filière vitivinicole forte, bénéficiant d’un système de régulation et de soutien européen conséquent, dépassent très largement celui de la seule filière. C’est une question qui interpelle la société dans son ensemble et son rapport à ses territoires et à sa culture. »

*Régulée par une organisation commune des marchés spécifique (OCM) depuis les années 60, l’Europe de la viticulture a toujours su se réformer pour répondre aux évolutions et contraintes des marchés européens et mondiaux (diminution de la consommation en Europe, concurrence des producteurs du nouveau monde, effort qualitatif…), mais également répondre aux problèmes structurels de sa filière (surproduction, inadaptation des produits..). Depuis quelques années, les plus libéraux des européens à la Commission et au Parlement tentent de défaire les instruments de régulation qui permettent à la viticulture française et européenne de rester compétitive sur un marché mondialisé.