En pleine discussion sur la Politique Commune des Pêches, encore appelée  la « petite PAC », Eric Andrieu a invité Isabelle Thomas en Languedoc-Roussillon pour rencontrer les représentants de la pêche méditerranéenne.

Pour cette Bretonne habituée aux problématiques de la pêche atlantique, ce fut l’occasion de découvrir in situ une pêche et des pratiques professionnelles différentes et d’échanger avec les représentants d’un secteur aujourd’hui en crise environnementale, sociale et économique.

Partis de Bages (Aude) où ils ont rejoints les représentants des Petits Métiers et des pêcheurs en lagune, pour se rendre ensuite au Grau du Roi (Gard) et enfin à Sète (Hérault) où ils ont eu un entretien avec les élus du Comité Régional des Pêches, les deux députés Européens ont expliqués pourquoi, ils ont refusés de voter la proposition de la Commission sur la nouvelle politique commune de la pêche pour la période 2014-2020.

Si la Politique Commune des Pêches a aujourd’hui besoin d’être revisitée pour mieux répondre à la demande des travailleurs, aux besoins des consommateurs mais aussi au défi environnemental, elle ne peut se fondée que sur le présupposé d’une surpêche généralisée en Europe et la nécessité de réduire par deux à trois l’effort de pêche de manière générale et uniforme. Une approche plus fine des enjeux doit précéder toute prise de décision. Pour les pêcheurs comme pour les deux eurodéputés la crise en méditerranée française, mer pauvre et fragile, doit être abordée en prenant en compte ses spécificités. Avec le projet de faire disparaitre les rejets en mer par le débarquement obligatoire et leur transformation en farine au lieu d’accompagner la transformation de la flotte, ou encore la volonté d’imposer des calendriers de pêche intenables, on est loin du compte !

Depuis des millénaires, les hommes qui vivent sur ce littoral, usant de polyvalence et jouant sur la saisonnalité, se sont organisés et ont développés des techniques pour gérer une ressource rare par nature, il aurait été inconcevable de ne pas les entendre.

Pour Isabelle Thomas et Eric Andrieu, répondre à l’urgence environnementale et aider les pêcheurs à s’adapter pas à pas aux défis de demain, n’est pas incompatible.