Aujourd’hui, les eurodéputés français du groupe des Socialistes et Démocrates voteront contre l’investiture d’Ursula von der Leyen à la Présidence de la Commission européenne.
Nous avions été déçus par son audition devant le groupe S&D, et avions appelé à un report du vote. Le long débat de ce matin au Parlement européen ne nous a pas rassurés. Elle n’apporte pas suffisamment de réponses concrètes, même si les progrès, en une semaine, sont indéniables. Mais le diable se cache dans les détails : elle propose un plan de 1000 milliards d’euros sur les 10 prochaines années pour la transition écologique, alors que la Cour des Comptes européenne avance qu’il faudrait 1.115 milliards d’euros chaque année pour atteindre cet objectif.
Mais aussi : quel salaire minimum ? Ursula von der Leyen ne dit rien sur le montant d’un salaire minimal, au Parlement européen nous avons voté 60% du salaire moyen. Un impôt minimum sur les sociétés ? Ursula von der Leyen ne dit rien, pendant la campagne nous avons proposé 20%.
En votant contre Ursula von der Leyen, les eurodéputés français du groupe S&D envoient plusieurs messages forts.

Voter contre Ursula von der Leyen, c’est tout d’abord défendre la démocratie, car sa désignation est un recul sans précédent de la démocratisation de l’Union européenne, en soumettant le Parlement Européen aux injonctions du Conseil.

Voter contre Ursula von der Leyen, c’est refuser les arrangements d’arrière-boutique, une alliance contre-nature entre Emmanuel Macron et Victor Orbàn.

Voter contre Ursula von der Leyen, c’est défendre l’État de droit, refuser les attaques répétées des régimes illibéraux – Pologne, Hongrie – contre les citoyens et la démocratie.

Voter contre Ursula von der Leyen, c’est dénoncer une occasion ratée : l’Europe aurait pu arriver au sommet climat de l’ONU le 23 septembre avec une position claire et ambitieuse. Il n’en sera rien hélas.
Enfin, voter contre Ursula von der Leyen, c’est exiger un changement profond dans les politiques menées à l’échelle européenne.

Si nous devions bloquer aujourd’hui sa nomination, cela montrerait clairement au Conseil que le Parlement européen ne peut pas être considéré comme le junior partner de l’Union et qu’il doit être au cœur de la discussion du fond, du programme de travail des cinq prochaines années, pour ensuite identifier les profils aptes à le mettre en œuvre.
Si elle devait être élue, nous espérons que la Présidente de la Commission et l’ensemble des commissaires seront capables d’entendre enfin la demande de changement qui émane des citoyens.

Nous allons tout faire pour que les revendications des sociaux-démocrates soient au cœur de la négociation qui va reprendre au retour des vacances. À l’automne, nous souhaitons pouvoir voter pour une Commission européenne porteuse d’un projet transformateur pour l’Europe, sur base d’engagements ambitieux, précis et chiffrés.