C’est ce jeudi, en conférence des Présidents des groupes politiques du Parlement européen, que sera abordée la question de la mise en place d’une commission d’investigation sur le système d’autorisation des pesticides en Europe.

STRASBOURG- « Si on veut vraiment jouer la carte de la transparence, la tenue de cette Commission ne devrait faire aucun doute ! Cette Commission permettrait d’enquêter de manière plus approfondie sur les tenants et les aboutissants de ce dossier, d’établir les responsabilités de chacun, et de jeter les bases de meilleures pratiques. La santé des citoyens européens est à ce prix » se réjouissent Marc Tarabella et Eric Andrieu, les deux eurodéputés à l’origine de la demande de Commission.

Le Groupe des Socialistes et Démocrates a d’ores et déjà annoncé qu’il se prononcerait en faveur de la Commission spéciale, ce jeudi, lors du vote. La balle est dans le camp de la droite européenne.

 

Les tâches principales que devraient remplir de cette Commission :

– Examiner les allégations d’abus d’influence de Monsanto sur l’approbation par l’UE des produits phytopharmaceutiques et des biocides, sur la base de l’exemple du glyphosate

– Examiner le processus d’autorisation des phytopharmaceutiques et des biocides dans l’UE, au niveau de sa méthodologie, de sa qualité scientifique, de son indépendance vis-à-vis de l’industrie et de sa transparence.

– Analyser et évaluer les défaillances potentielles qui pourraient s’être produites lors de la réévaluation scientifique de produits phytopharmaceutiques récemment approuvés, tels que le glyphosate, par les agences de l’UE concernées.

– Analyser et évaluer les éventuels conflits d’intérêts à tous les niveaux en ce qui concerne le processus d’autorisation, y compris les organismes nationaux chargés du rapport d’évaluation dans leur rôle d’État membre rapporteur.

– Analyser et évaluer les protocoles d’évaluation internationaux actuels et les best practices, ainsi que la collaboration entre les organismes internationaux et les agences de l’UE en matière d’évaluation scientifique des substances chimiques.

– Analyser et examiner les possibilités de recherche et de test indépendants par les agences, effectuées indépendamment des études de l’industrie, ainsi que leur financement.

 

Rappelons encore que Monsanto avait refusé catégoriquement de participer à l’audition que nous avions organisée, le 11 octobre 2017 sur les Monsanto Papers et le glyphosate. La multinationale justifiait son absence par la crainte de voir son intégrité remise en cause, allant même jusqu’à accuser le Parlement européen de populisme dans sa volonté de faire toute la lumière dans ces dossiers où la santé du citoyen est en jeu.

« Il faut mettre au pas ces multinationales, peu scrupuleuses, qui se moquent de la santé des consommateurs. Après la parution des « Monsanto Papers », il ne fait plus aucun doute que de nombreux produits Monsanto sont particulièrement dangereux pour les citoyens. La réaction européenne a souvent été dans la posture. Cette Commission peut amener du concret pour de meilleures pratiques et pour déterminer les responsabilités de chacun », déclare l’Eurodéputé PS Marc Tarabella.

Eric Andrieu tape du poing sur la table : « Nous ne devons plus attendre que les scandales éclatent pour agir ! L’Europe doit arrêter de dérouler le tapis rouge à ces grandes multinationales et montrer qu’elle constitue un rempart sanitaire pour nos concitoyens ! À défaut, elle cessera d’exister. Le soutien du groupe S&D dans cette démarche est un immense pas en avant ».

 

« Nous espérons que notre groupe politique trouvera d’autres alliés au sein du Parlement européen afin de pouvoir mener l’enquête et faire toute la lumière sur un dossier impactant la santé de 500 millions de citoyens européens et bien plus encore » concluent les deux eurodéputés.

 

Réponse ce jeudi 18 janvier à midi.

 

 

Contact presse :

Bureau d’Éric Andrieu, Raphaël Delarue : + 32 486 359 463

Bureau de Marc Tarabella, Emmanuel Foulon : + 32 497 594 186