Je me félicite que le gouvernement ait agi sans tarder pour protéger les consommateurs et restaurer la confiance dans la filière alimentaire. Je dénonce avec force ce scandale qui fait suite à la découverte  de l’incorporation frauduleuse de viande de cheval en substitution à de la viande de bœuf, ne respectant en rien le consommateur. Cette séquence inadmissible est une fois encore l’illustration parfaite de la cupidité des hommes et la preuve avérée de réels dysfonctionnements dans les procédures de traçabilité.

S’il est quasiment établi que des dirigeants de l’entreprise ont probablement fait le choix irresponsable de substituer les estampilles sanitaires des produits pour augmenter leurs marges, le dossier est maintenant dans les mains de la justice et il lui appartient, en toute indépendance, de déterminer les responsabilités et de dire le droit. Les investigations à venir devraient permettre d’identifier la responsabilité de chacun dans cette affaire. En revanche, au-delà de l’aspect judiciaire, d’un point de vue économique et social, la responsabilité de ces individus est immense. Ce ne sont pas seulement les emplois du bassin de Castelnaudary qu’ils ont mis en péril, ce sont ceux de milliers de salariés œuvrant tous les jours avec conscience professionnelle pour maintenir la filière agro-alimentaire française au niveau d’excellence internationale qui doit être la sienne.

Suite à la rencontre ce mardi des élus Audois avec Stéphane LE FOLL pour évoquer les conséquences de cette affaire, je salue la responsabilité et la mesure avec laquelle il est intervenu, avec Benoît HAMON et Guillaume GAROT, pour autoriser la reprise partielle de l’activité et pour défendre les salariés de l’entreprise SPANGHERO, premières victimes de ces agissements.

D’ores et déjà les lignes bougent. La Commission européenne a accepté d’accélérer la remise des rapports sur les règles de traçabilité et d’étiquetage, de lancer un vaste plan de contrôle par des tests dans tous les états membres et mieux coordonner les enquêtes.  Par ailleurs, de nombreux gouvernements sont aujourd’hui prêts à accepter le principe d’une mention obligatoire sur l’origine de la viande entrant dans la composition des plats cuisinés. Il est donc permis d’espérer que dans les mois qui viennent, le Conseil et le Parlement européen, majoritairement à droite, reviennent sur leurs positions passées et acceptent enfin les propositions faites par les socialistes en ce sens lors de la discussion sur l’étiquetage des denrées alimentaires. Il est plus qu’évident que les industriels de l’alimentation ne doivent plus pouvoir s’exonérer de faire connaître l’origine et la nature des produits qu’ils utilisent.

Enfin, dans un tel contexte, je suis révolté par la décision de la Commission européenne d’autoriser le retour des farines animales pour l’alimentation des poissons d’élevage depuis  son interdiction suite à la crise de la « vache folle ». Il est entendu que je demande à la Commission européenne, avec les autres députés socialistes, de revenir sur cette décision.