Dans le cadre de la Semaine de l’Europe, le GREP Midi-Pyrénées (Groupe de Recherche pour l’Éducation et la Prospective) a organisé le 15 mai dernier, en partenariat avec la Mairie de Toulouse, une soirée sur la perception de leur appartenance à l’Europe des citoyens résidant en région toulousaine.

Invités pour animer les débats et faire part de leurs expériences européennes Eric Andrieu et Catherine Lalumière, ancienne ministre et Vice-Présidente du Parlement Européen et aujourd’hui présidente de l’Association des Maisons de l’Europe ont débattu autour des résultats d’une enquête révélatrice de l’état d’esprit du moment envers l’Europe, à savoir une perception certes critique de l’Europe, jugée complexe, technocratique et fort éloignée des préoccupations des citoyens, mais note optimiste, soulignant également l’opinion largement répandue de la nécessité de plus et de mieux d’Europe.

Les intervenants, qu’il s’agisse des représentants du mouvement « Faisons l’Europe », de la  Maison de l’Europe à Toulouse, du Mouvement Européen, de l’Institut Goethe, de l’Institut Cervantès, de la Casa de España, de l’Institut Machiavelli, du Collectif des Associations franco-polonaises de Toulouse, de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse (OFAJ), du Pôle Universitaire, du Lycée International de Colomiers ou de la Société Airbus-Industries, ont tous appelés de leurs vœux la mise en œuvre de politiques européennes capables de donner un second souffle au projet européen, unique levier de sortie de crise.

Partant du constat que les anciennes  puissances occidentales sont aujourd’hui concurrencées par de grands ensembles émergeants, Eric Andrieu a plaidé pour que le modèle humaniste et social du vieux continent soit préservé au cœur d’une Europe davantage intégrée. Pour se donner la chance de conserver ce modèle, il estime que l’Union Européenne doit se débarrasser du dogmatisme ultralibéral auquel elle s’est peu à peu abandonnée au fil des années, au point d’y perdre son projet et la confiance des peuples. Pour appuyer sa démonstration, il ajoute que « pour éviter l’écueil du déclin, le défi du moment est d’arriver à s’extraire collectivement des approches égoïstes et dogmatiques, donner les instruments financiers à l’Union de se doter d’un projet politique commun capable d’aller au-delà des simples considérations comptables et économiques »

Cette manifestation est en fait la première d’une série de plusieurs qui devraient réunir dans les années suivantes des représentants des villes de Bologne, Düsseldorf et Saragosse. Un début de conscience européenne ?