Les eurodéputés S&D ont voté ce mercredi 19 juin contre l’attribution d’un mandat de négociation au Conseil concernant l’application d’une loi de l’UE, parce que celle-ci n’améliore pas la protection des travailleurs détachés dans un autre État membre.

Le vote a eu lieu en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Le vice-président du Groupe S&D, Stephen Hughes, a commenté ce vote comme suit :

« La nouvelle loi avait pour but de renforcer les droits des travailleurs détachés et d’éviter le dumping social et la concurrence déloyale. En effet, la situation actuelle est insatisfaisante parce que ces droits ont été sapés par la loi européenne originale de 1996 et par plusieurs décisions de justice européennes consécutives. Dans ce contexte, nous souhaitions rééquilibrer la situation en mettant en place des définitions et des principes clairs. Nous n’y sommes pas parvenus en raison de l’opposition rencontrée. »

« Toutefois, nous avons pu engranger quelques résultats sur la responsabilité des sous-traitants et les mesures de contrôle nationales. Mais la droite et les Verts ont voté contre les droits des syndicats et la possibilité de combattre effectivement le dumping social. »

« Au bout du compte, les travailleurs détachés dans un autre État membre de l’UE risquent d’être exploités grossièrement. Car la porte des abus et contournements par des employeurs sans scrupules reste grande ouverte. »

Alejandro Cercas, porte-parole S&D en charge de l’emploi et des affaires sociales, a ajouté ceci :

« La droite s’est alliée aux Verts pour refuser de mettre fin au dumping social. Voilà la leçon de ce jour. »

« Nous avons tenté d’obtenir une définition et une protection claires des droits légaux des travailleurs détachés à l’étranger. Le texte final, toutefois, comporte plein de lacunes et restait inacceptable en l’état. »

« La droite et les Verts ont refusé d’aller suffisamment loin sur la définition des travailleurs détachés et sur la précision des conséquences légales. Cette alliance entre conservateurs, extrême droite et Verts affaiblit la position de départ du PE pour ses négociations avec le Conseil et la Commission. »

« Grâce à leur lobbying, les entreprises européennes et certains États membres peuvent pavoiser :  le marché du travail restera à deux vitesses. C’est en effet une triste journée pour des millions de travailleurs et pour les syndicats. »