L’eurodéputé Eric Andrieu dénonce les propos inconstants du Président de la République qui laisse entrevoir un accord au détriment de l’agriculture française.

 

BRUXELLES- Alors que les commissaires européens à l’Agriculture Phil Hogan et au Commerce Cecilia Malmström reçoivent ce mardi à Bruxelles les négociateurs des quatre pays du Mercosur pour continuer les négociations en vue d’arriver à un accord, l’eurodéputé Eric Andrieu s’inquiète de la position des autorités françaises, qui, selon lui, s’apprêtent à céder aux sirènes du libre-échangisme. Pour le député européen PS, « Emmanuel Macron, dans son allocution commune avec le Président argentin M. Macri, a été très clair : cet accord est ‘pertinent et doit être soutenu’[1] ».

Pour Eric Andrieu, « Emmanuel Macron s’est d’ores et déjà couché devant l’Allemagne » qui veut utiliser l’agriculture européenne comme monnaie d’échange pour un accès accru de ses produits industriels sur le continent sud-américain. Lors de ses vœux au monde agricole prononcés dans le Puy-de-Dôme, jeudi 25 janvier 2018, il a ainsi admis que l’accord UE-Mercosur constituerait ‘un défi pour la filière bovine puisqu’il permettra de faire rentrer des volumes’ de viande sud-américaine sans droits de douane dans les pays européens.

La Commission européenne envisagerait, dans son ultime offre, de porter à 99 000 tonnes le contingent d’importation tarifaire de bœuf.

Pour le porte-parole des sociaux-démocrates européens à l’Agriculture : « Cet accord constituerait un véritable scandale pour une filière bovine aujourd’hui à bout de souffle. Il n’augure rien de bon alors que le secteur s’apprête à devoir faire face aux conséquences d’une nouvelle crise laitière. »

L’eurodéputé dénonce par ailleurs « l’inconstance d’Emmanuel Macron sur les questions agricoles et environnementales » et les « équations incertaines du Président de la République ». « Alors que la Chine a décidé une ouverture complète de son marché au bœuf argentin le 18 janvier dernier, le marché chinois ne sera certainement pas suffisant pour compenser les effets d’un accord avec le Mercosur», avertit Eric Andrieu.

Sur le volet environnemental, Eric Andrieu estime qu’« On ne peut pas, d’un côté, promouvoir une agriculture durable en faisant de la lutte contre la changement climatique une priorité, et, dans le même temps, faire venir sa viande de l’autre bout de la planète, en favorisant un modèle agricole intensif, responsable à 80 % de la destruction de la forêt amazonienne. »

 

Eric Andrieu se rendra, une délégation de parlementaires européens, au Brésil du 2 au 6 avril prochain, afin de vérifier sur place l’état sanitaire des viandes proposées à l’export.

 

Contact presse : Raphaël Delarue : + 32 486 359 463

 

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[1]http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-d-emmanuel-macron-lors-de-la-conference-de-presse-commune-avec-le-president-argentin-mauricio-macri/