La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait prévu 100 jours pour amorcer une transition écologique et sociale de l’Europe. La délégation de la gauche sociale et écologique constate que les premières annonces ne sont pas à la hauteur des promesses faites lors de son investiture. Le changement de paradigme que la situation exige et que nous appelons de nos vœux n’est pas au rendez-vous.

En matière de lutte contre le dérèglement climatique, les mesures annoncées ne pourront pas être concrétisées par manque de financement et de normes contraignantes. Ainsi la loi climat visant la neutralité carbone en 2050 ne comprend ni objectif chiffré pour 2030, ni sanction en cas de non-respect par les États-membres. Sans moyens supplémentaires, le Green Deal ne sera pas la transformation d’ampleur que les discours annoncent.

Pour l’heure, les négociations budgétaires sont au point mort alors qu’elles ne comprennent même pas le financement des nouveaux objectifs climatiques.  Nous ne transigerons ni sur la transition écologique, ni sur la justice sociale.

La délégation insiste sur le manque de cohérence de la Commission qui publie la loi climat et fait en parallèle la promotion d’accords commerciaux avec des chapitres « développement durable » contraignants ; qui s’attelle au Green Deal européen tout en soutenant financièrement des projets d’infrastructures liés aux énergies fossiles.

Cette Commission ne se contente pas de manquer d’ambition, elle vacille sur le terrain des principes. Si Ursula von der Leyen avait promis de l’humanité dans les politiques migratoires, ses premiers mots sur la situation à la frontière gréco-turque ont été pour remercier les autorités grecques d’être le « bouclier » de l’Europe, insinuant que les exilés sont des envahisseurs alors qu’ils sont des civils fuyant la guerre. Cette reprise du langage de l’extrême-droite est un dangereux renoncement.

Notre position est constructive ; nous continuerons à combattre sans cesse, sur chaque texte législatif, pour la justice sociale et la transition écologique, dans l’intérêt des Européens.