Pervenche Berès, au nom du groupe S&D. – Monsieur le Président, au nom de ce qui nous unit, au nom de ce que nous défendons et continuerons de défendre, au nom des droits fondamentaux de toutes les femmes et de tous les hommes, au nom de leur liberté de penser, de dire, de croire ou de ne pas croire, d’aimer et de rire, au nom de mon pays, la France, au nom de tous les pays de l’Union européenne et du monde entier qui ont vu des êtres humains tomber parce qu’ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment, parce qu’ils croyaient en un autre au-delà ou pas, parce que leur métier était de nous protéger ou parce qu’ils étaient aux yeux de lâches assassins les porte-drapeaux de nos valeurs, j’affirme avec les millions de citoyens qui se sont levés à Paris, en France, dans les villes et les villages de la planète entière, hier et les jours précédents, que nous ne céderons jamais.

Parce que l’Europe s’est construite sur le refus d’horreurs commises en d’autres temps. Parce qu’à la terreur doit répondre plus de démocratie et plus d’état de droit. Parce que la diversité est féconde quand la tolérance et la solidarité sont ses étendards. Parce que comme ici, aujourd’hui, quand un malheur frappe un des leurs, les autres sont à l’unisson. Nous ne laisserons personne nous diviser, ni dans l’Union ni dans nos nations.

Oui, nous sommes tous Charlie. Ce Charlie si gaulois, satirique toujours, si libre. Ils sont tombés avec d’autres sous des balles qu’aucun dieu n’a jamais commanditées. Mais leurs idéaux resteront vivants parce qu’ils font notre raison d’être ensemble: le refus de la peur, de celle de l’autre, de la haine, de la barbarie.

L’idéal que les victimes des terroristes chérissaient est le nôtre: la démocratie. Soyons-en fiers, défendons-la et décernons un prix Sakharov exceptionnel à Charlie Hebdo.

(Applaudissements)