« Faut-il permettre l’utilisation de pesticides dangereux pour l’environnement et pour la santé ? C’est l’étonnante question qui sera posée aux eurodéputés de la Commission de l’Environnement ce lundi », dénonce Eric Andrieu, parlementaire européen PS qui s’opposera à cette autorisation. « Nous avons là un cas d’école en matière de lobbyisme et de manipulation contre l’intérêt général ! »

 

Toxique, interdit, mais peut-être permis ce lundi

Certains d’entre eux sont officiellement classés comme toxique. Ils devraient donc être interdits. Mais par un jeu de manipulation administrative, prétextant entre autre que les évaluations complémentaires sur les produits ont pris du retard, la Commission demande dans son texte que leurs autorisations soient prolongées.

« Plutôt que d’appliquer le principe de précaution, empêchant la remise sur le marché d’un produit nocif pour les humains et les animaux, la Commission européenne préfèrerait étendre au moins d’un an, voire davantage, la mise sur le marché de ces produits », dénonce encore Eric Andrieu.

 

Une schizophrénie en matière de pesticides …

« Cet entêtement de la Commission européenne à autoriser des produits toxiques est aberrant. On aurait pu croire que la crise sanitaire aurait rappelé aux plus vénaux la valeur de la santé humaine et l’importance des questions environnementales. Il n’en est visiblement rien. Pourtant, la Commission européenne, dans sa proposition de Pacte vert européen, a écrit un chapitre entier sur la diminution indispensable de l’utilisation de pesticides ; en médecine, on appelle cela de la schizophrénie… », ironise-t-il.

 

Trouver une majorité et rejeter la proposition

« Nous allons tout faire pour trouver une majorité de collègues afin de rejeter le renouvellement de ces produits dangereux et gagner ce vote ce lundi. Si la demande de prolongation de cette liste de produits est rejetée par les eurodéputés, la Commission européenne ne pourra alors l’autoriser. »

« Les pesticides nocifs n’ont pas leur place dans notre écosystème. Les interdire est une question primordiale pour la santé des citoyens et la protection de l’environnement » conclut l’eurodéputé socialiste.