Communiqué de presse de la DSF – 29/04/2015

« Deux ans après la tragédie du Rana Plaza au Bangladesh, beaucoup reste à entreprendre afin de garantir des conditions de travail décentes dans l’industrie du textile du sud-est asiatique. Maîtriser la mondialisation, avancer vers le juste-échange, améliorer les conditions de travail, de santé, de sécurité des travailleurs, partout dans le monde, est notre devoir de socialiste. La résolution votée aujourd’hui, à l’occasion du deuxième anniversaire de cette catastrophe, était pour nous l’occasion d’avancer des propositions concrètes », expliquent Emmanuel Maurel et Eric Andrieu, membres de la commission en charge du commerce international et cosignataires de la résolution.

Les deux eurodéputés ajoutent :

« Nous voulons obtenir la traçabilité et la transparence dans la chaîne d’approvisionnement des marques de l’habillement. L’Union européenne a la capacité et le devoir d’agir pour répondre aux préoccupations exprimées par les citoyens européens. Elle doit s’inspirer des initiatives nationales déjà existantes comme en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Danemark ; et notamment d’une proposition de loi française, rédigée par Dominique Potier, qui vise à obliger les entreprises, qui souhaitent opérer sur le marché européen, à mettre en place un plan de vigilance vis-à-vis de leurs filiales et de leurs sous-traitants. Notre objectif via ces mesures est de prévenir les atteintes aux droits de l’Homme et à l’environnement, de lutter contre la corruption et de réparer les dommages subis par les victimes ».

« Nous nous félicitons d’être parvenus à dégager une large majorité sur les paragraphes qui demandent une législation européenne contraignante sur le sujet », concluent Emmanuel Maurel et Eric Andrieu.

Pour lire la résolution du Groupe S&D dont Eric Andrieu est signataire, cliquez ici

Pour lire la résolution commune adoptée par le Parlement dont Eric Andrieu est également signataire, cliquez ici


Rappel :

C’est à l’initiative des eurodéputé-e-s socialistes que le Parlement européen a examiné, à l’occasion du deuxième anniversaire de cette catastrophe, une résolution sur l’effondrement meurtrier du Rana Plaza et sur les normes du travail et de sécurité dans l’industrie textile au Bangladesh. Cet événement avait été précédé et suivi par une série d’incendies tragiques d’usines au Bangladesh et en Asie du Sud-Est, des usines produisant notamment des biens pour de nombreux détaillants occidentaux

Ces événements ont permis de mettre à jour les conditions dans lesquelles sont fabriqués les vêtements portés en Europe. Non seulement les conditions de travail, déplorables, les conditions de santé ou de sécurité, dramatiques, mais aussi l’absence de transparence dans la chaîne d’approvisionnement. Il a fallu des semaines après l’accident pour identifier les donneurs d’ordre et bien plus encore pour mettre en place un fonds d’indemnisation pour les victimes et leurs familles. Ce fonds est encore sous doté de plusieurs millions de dollars.

Pour sa part, l’UE a lancé avec le Bangladesh et l’OIT le Pacte global de durabilité en 2013, décrivant des engagements concrets à mettre en œuvre pour: améliorer le respect des droits du travail, dont la liberté d’association et le droit de négociation collective; assurer l’intégrité structurelle des bâtiments et la sécurité incendie; promouvoir des pratiques et un comportement responsables des entreprises. La résolution vise à vérifier la mise en œuvre par la Commission de cette initiative et à appeler les marques à respecter et compléter leurs engagements. Elle propose aussi des recommandations aux instances européennes et au gouvernement du Bangladesh pour renforcer encore les normes du travail et les droits des ouvriers, mais aussi la responsabilité des entreprises dans le secteur du prêt-à-porter.

L’Union européenne a la capacité et le devoir d’agir pour répondre aux préoccupations et à l’intérêt sans précédent exprimés par les citoyens européens. Elle doit aussi tenir compte des initiatives nationales déjà existantes comme en France, Allemagne, Pays-Bas ou Danemark.

C’est pourquoi, les socialistes européens demandent également d’instaurer un devoir de vigilance des entreprises et des mesures pour assurer la traçabilité et la transparence par une législation contraignante, obligeant les entreprises qui souhaitent opérer sur le marché européen à fournir des informations sur la chaîne de d’approvisionnement de leurs produits, en conformité avec les principes des Nations unies relatifs aux entreprises et droits de l’Homme.

Ce point s’inspire d’une proposition de loi française pionnière, portée par le socialiste Dominique Potier, instaurant dans la loi un dispositif inédit: la création d’une obligation pour les sociétés transnationales d’avoir vis-à-vis de leurs filiales et de leurs sous-traitants un plan de vigilance pour prévenir les atteintes aux droits de l’Homme et à l’environnement, pour lutter contre la corruption et pour réparer les dommages subis par les victimes.

Dans toutes les enceintes, les socialistes veulent dompter la mondialisation dans un sens progressiste.