« Certains produits agricoles seront bientôt excédentaires faute de pouvoir être acheminés ou vendus. Pour éviter de graves dérégulations de prix des aliments, les fermetures de milliers d’exploitations à travers l’Europe ou encore un gaspillage alimentaire sans précédent, il est urgent et indispensable que l’Europe accélère la mise en place de stocks alimentaires prévus par les règlements européens et que la Commission joue pleinement le rôle de régulateur des marchés agricoles en cette période de crise », explique Eric Andrieu, eurodéputé en charge de l’Agriculture, qui interpelle officiellement le Commissaire européen en ce sens ce matin via une question écrite.

Le coronavirus a forcé les gens à se confiner. Les restaurants, le cantines, les marchés sont fermés, l’accès aux supermarchés est encadré, les habitudes de consommation sont perturbées. Les agriculteurs, de leur côté, sont en première ligne dans ce combat et continuent leur travail malgré le danger, rappelant par là le rôle prioritaire de l’agriculture dans son rôle nourricier. Mais certains produits deviennent excédentaires ce qui peut poser de graves problèmes à court terme.

« Il est donc indispensable que l’Europe décide rapidement la constitution de stocks alimentaires privés. En d’autres termes, l’Europe peut et doit octroyer des aides aux producteurs et aux industriels qui mettraient en stocks des produits qui ne trouvent pas preneur. Cela permettrait d’éviter une ultra saturation du marché et les conséquences catastrophiques d’une telle situation, avec des prix totalement instables, une grande précarité pour les producteurs et aussi un immense risque de gaspillage alimentaire » explique encore l’élu socialiste.

Plusieurs États européens sont en demande de la mise en place de stocks européens privés mais la Commission fait jusqu’à présent la sourde oreille, ce qui justifie l’interpellation de l’Eurodéputé sur cette importante question.

« Il n’est donc pas question à ce stade, de laisser les pleins pouvoirs aux mains de quelques grandes multinationales agroalimentaires mais bien de garantir ici l’intérêt général. Baisser sèchement la production du jour au lendemain n’est pas la solution dans l’immédiat, d’une part parce que ce coup de frein brutal pourrait être fatal à de nombreuses exploitations ET que cela créerait également une grande instabilité sur les marchés. »

« La Commission européenne ne peut rester confinée et spectatrice de ce qui se profile à l’horizon et se doit de tout faire pour garantir la sécurité alimentaire des citoyens européens et d’amener un soutien adéquat au secteur agricole. » conclut l’eurodéputé Eric Andrieu.

 

 


Question avec demande de réponse écrite
à la Commission
Article 138 du règlement intérieur
Eric Andrieu

Objet: Des stocks alimentaires européens pour éviter de rajouter une crise à la crise

Le Coronavirus a forcé les gens à se confiner. Les restaurants, le cantines, les marchés sont fermés, l’accès aux supermarchés est encadré, les habitudes de consommation sont perturbées. Les
agriculteurs, de leur côté, sont en première ligne dans ce combat et continuent leur travail malgré le danger, rappelant par là le rôle prioritaire de l’agriculture dans son rôle nourricier.

Cependant, certains produits agricoles, au sein de l’Union européenne, pourraient bientôt être excédentaires faute de pouvoir être acheminés ou vendus. Pour éviter de graves dérégulations de
prix des aliments, les fermetures de milliers d’exploitations à travers l’Europe ou encore un gaspillage alimentaire sans précédent, il est urgent et indispensable que l’Europe réagisse.

Que suggère la Commission européenne comme action dans un futur très proche sur cette
problématique ?

Partage-t-elle notre avis, ainsi que celui de nombreux états membres, selon lequel la mise en place RAPIDE de stocks alimentaires privés par la Commission européenne serait une réponse adéquate ?

La Commission européenne est-elle en faveur d’une telle proposition? Dans la négative, pourquoi ?

La Commission européenne est-elle favorable en cette période de crise, pour répondre aux besoins des citoyens, et ce pour l’intérêt général, à jouer le rôle de régulateur sectoriel, comme elle le fait pour le secteur de l’électricité ?