La Commission nous propose d’intégrer le méthane dans les plafonds d’émission de polluants nationaux et la législation portant sur la qualité de l’air. Pour l’agriculture cela signifie l’intégration du méthane résultant de l’ingestion de l’herbe par les ruminants consommée en particulier dans les zones d’élevages traditionnels et extensifs situées très souvent sur des territoires peu prospères.

Je m’oppose à cette idée car ces élevages disposent d’un très faible potentiel d’atténuation des émissions en raison notamment de l’absence de solution technique efficace permettant d’empêcher les vaches de rejeter du méthane dit entérique. Il est difficile d’aller contre la nature.

Vouloir intégrer ce méthane dans les obligations de la directive conduirait à une réduction des cheptels voire à un abandon des systèmes d’élevage herbagers. Cela reviendrait à favoriser des modes d’élevages intensifs consommant davantage de farines avec les conséquences négatives que l’on sait sur la qualité de l’alimentation, sur l’environnement et sur la vitalité de territoires ruraux fragiles. L’abandon de prairies permanentes nous priverait aussi de véritables puits de carbone permettant de lutter contre le réchauffement climatique.

Pour éviter cette situation, j’ai proposé un amendement sur l’exclusion du méthane entérique, afin de ne pas produire une loi inapplicable. Je me réjouis que cette initiative ait pu recevoir l’appui d’une majorité des voix de notre assemblée.

Elle est le reflet de la prise en compte par le Parlement européen de ce qu’est la réalité de l’agriculture sans pour autant négliger les enjeux de santé publique et de l’environnement. Elle permettra de lever bien des inquiétudes dans le monde de l’élevage actuellement secoué par les crises.

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