Premières réactions à la présentation du projet « Farm to Fork » / « de la Fourche à la Fourchette » présenté par la Commission européenne ce midi. Eric Andrieu, Eurodéputé PS en charge de l’environnement et de la santé d’une part, de l’agriculture et de la ruralité d’autre part :

 

D’abord, on peut se féliciter que la Commission européenne n’ait pas cédé aux sirènes des lobbies de multinationales ni à celles des partis conservateurs, tous ces acteurs qui auraient voulu qu’on arrête tous les projets environnementaux menés au niveau européen.

C’est un signal fort qui démontre que les crises sanitaires, économiques et climatiques se mènent de front. Il faut saluer également les objectifs de réduction des pesticides, des engrais, des pertes de nutriments ou les ventes d’antimicrobiens, ainsi que la part laissée à l’agriculture biologique.

Cependant, j’insiste sur le fait que tous ces objectifs ne seront possibles que si on opère enfin une profonde réforme de la politique agricole commune, et ce parallèlement au Pacte vert européen avec lequel elle est intimement liée ; une PAC dans laquelle l’environnement et la biodiversité sont des axes centraux. Dans le cas contraire, les réformes proposées ce midi n’auront que des résultats temporaires.

Il faut également que les agriculteurs soient soutenus et accompagnés dans ce qui sera un changement important de leur travail et leur quotidien.

Enfin, il faudra tout le sérieux et de la cohérence de la Commission européenne. Une Europe qui se remet en question sur toutes les questions environnementales ne peut pas ne pas se remettre en question sur toutes les matières qui y sont liées comme par exemple les accords commerciaux internationaux qu’elle continue de négocier en faisant, par exemple, faire le tour de la planète à des produits que nous produisons déjà chez nous.

Une première annonce qui va dans le bon sens donc et dont la mise en pratique sera capitale si l’Europe veut garder sa crédibilité. Le projet « de la Fourche à la Fourchette » et le Pacte vert européen dans lequel il s’inscrit, doivent être une opportunité de mettre fin au système tel que nous le connaissons ! Réconcilier sécurité alimentaire et agriculture durable, production consommation et environnement doivent être la priorité. Le statu quo n’est pas une alternative viable, seules de profondes réformes nous permettront de construire demain. Nous n’avons plus le temps d’échouer.