Le Parlement Européen adopte une position forte et ambitieuse

 Un nouveau Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis viendra remplacer dès 2014 l’actuel  Programme d’Aide aux plus Démunis récemment remis en cause par certains Etats membres. Pour moi, comme pour l’ensemble des socialistes, ce vote est d’une importance majeure. Il permet à l’Union de continuer son action de solidarité envers les personnes marginalisées ou en situation de précarité. Face à la crise qui frappe tous les jours davantage d’individus, il était inconcevable que ce dispositif essentiel disparaisse.

 Estimant que leur pays n’a pas besoin de recourir au Fonds, plusieurs députés de groupes politiques différents ont voulu baser la participation des Etats sur le seul volontariat. C’est un argument hypocrite dont l’objectif ne vise qu’une chose : tuer le Fonds. La solidarité ne relève pas de la subsidiarité !

Pour autant, à l’occasion du vote exprimé par le Parlement européen, plusieurs avancées positives ont été enregistrées quant à son contenu :

En opposition avec le Conseil européen qui, dans ses décisions de février dernier sur le cadre financier pluriannuel, n’a accordé qu’une enveloppe de 2,5 milliards pour les plus démunis, les parlementaires ont acté une augmentation d’1 milliard d’euros du budget alloué, portant ainsi les crédits qui lui seront consacrés pour la période 2014/2020 à 3,5 milliards d’euros. Sur cette question décisive, le Parlement européen est à la pointe d’un combat qui n’est pas terminé… Par ailleurs, partant du constat que plus le financement par l’Union est élevé, plus le Fonds est simple à mettre en œuvre, nous avons acté le principe d’un co-financement de l’Union européenne à 85 % et obtenu des critères d’éligibilité d’accès particulièrement larges pour aider un maximum de citoyens dans le besoin. Enfin, étant donné la nature caritative et le caractère souvent bénévole de l’aide aux plus démunis, nous avons obtenu de réduire les contraintes administratives et l’établissement de règles légères de fonctionnement de manière à simplifier au maximum les systèmes de gestion pesant sur les organisations partenaires.

Parmi les contributions de la Commission de l’Agriculture et les amendements que j’ai personnellement portés, je me félicite d’avoir obtenu la mobilisation possible des denrées alimentaires en provenance des stocks d’intervention agricole en supplément de l’enveloppe des 3,5 milliards; la priorité qui devra être donnée à l’aide alimentaire, point d’entrée de tout parcours d’inclusion sociale ; un approvisionnement alimentaire organisé en priorité avec des produits locaux et régionaux et l’inscription de l’effort de lutte contre le gaspillage alimentaire afin, notamment, de faciliter les dons.

Défendre l’aide aux plus démunis comme nous le faisons, c’est non seulement faire le choix de la solidarité, mais c’est aussi démontrer aux citoyens que l’Europe peut être à leur côté, dans ces temps de crise et d’angoisse pour notre avenir et celui de nos enfants. Ce fonds est non seulement vital pour les quelques 80 millions de citoyens européens menacés de pauvreté, mais il est un message essentiel pour les 500 millions d’européens.

Les Etats qui depuis des années s’opposent à cette expression de la solidarité européenne doivent maintenant plier devant la majorité au Parlement européen, la mobilisation de la société civile et les Etats membres ambitieux dans l’aide aux plus démunis. Dans les négociations à venir avec le Conseil, nous resterons vigilants et exigeants !