Bruxelles – 21/01/21 – Aujourd’hui encore, la question des pesticides et les dangers que leur utilisation engendre sont au centre de nos préoccupations. Alors que le Pacte vert européen doit être mis en place, alors que la Commission s’est engagée à diminuer de moitié les pesticides à court terme, mais aussi à quelques semaines de la décision cruciale de réautoriser ou non le glyphosate sur le sol européen, nous devons nous mobiliser.

En 2018, je présidais la Commission spéciale pesticides (PEST) du Parlement européen avec en ligne de mire la procédure d’autorisation des pesticides au sein de l’UE.

Je me suis beaucoup battu pour obtenir une telle commission. Déjà à l’époque, nos conclusions étaient très claires: il était indispensable d’améliorer les procédures d’approbation, notamment via plus de transparence, d’indépendance et de ressources.

Parmi les nombreuses propositions que nous avons faites, nous avons convenu que les études utilisées pour la procédure d’autorisation d’un pesticide soient rendues publiques, notamment toutes les données et informations à l’appui relatives aux demandes d’autorisation.

Nous avions également exigé que les demandeurs inscrivent toutes les études réglementaires devant être effectuées dans un registre public et autoriser une ‘‘période de commentaires’’ durant laquelle les parties prenantes devraient pouvoir fournir des données existantes supplémentaires pour garantir que toutes les informations pertinentes sont bien prises en compte avant la décision finale.

Nous demandions à ce que les évaluations suite à la mise sur le marché soient renforcées, et que la Commission lance une étude épidémiologique sur les effets réels des pesticides sur la santé humaine. Ils invitent aussi à réviser les études actuelles sur la cancérogénicité du glyphosate et à fixer des teneurs maximales en résidus pour les sols et les eaux de surface.

Enfin, j’avais souligné la nécessité de garantir la responsabilité politique quant à l’adoption des autorisations sous la forme d’actes d’exécution (dans le cadre de la procédure dite de comitologie). La Commission européenne et les États membres devraient publier les comptes rendus détaillés et rendre leur vote public.

Nous avons obtenu de la Commission européenne ces dernières semaines beaucoup de promesses. À ce stade, se sont des signaux positifs. L’arrêt des exportations de pesticides interdits chez nous par exemple, il est tout aussi inadmissible d’ailleurs d’importer des produits comportant des substances douteuses ou dangereuses, quelques fois se sont d’ailleurs les mêmes pesticides toxiques que nous avons exportés qui nous reviennent dans nos assiettes via ces produits, c’est un point que je défends également à travers mon rapport OCM sur l’organisation des marchés agricoles.

Parmi les autres signaux: une révision des procédures d’autorisation des pesticides, la diminution de leur utilisation sur le sol européen, une transparence accrue : tout cela est encourageant. Mais on ne peut encore crier victoire tant que cela ne reste que des mots. Un test important sera indéniablement la réautorisation ou non du Glyphosate qui doit être décidée dans les semaines qui viennent.

Les attentes citoyennes, les impératifs sanitaires, l’urgence environnementale sont autant de raisons de continuer à mener le combat !