Le 21 septembre dernier s’est tenu à Sète l’Université de rentrée de la Fédération du Parti Socialiste de l’Hérault. Depuis qu’il est député Européen, Eric Andrieu a toujours répondu favorablement à cette invitation des camarades Héraultais, mais cette année, c’est aussi en qualité d’intervenant à une table-ronde organisée par le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) 34 et portant sur le Traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe qu’il a officié.

Alors que les jeunes socialistes s’apprêtent à lancer une campagne nationale sur cet accord dit « TAFTA » ou « TTIP », la vision d’un parlementaire européen, qui plus est spécialiste de l’agriculture, ne pouvait qu’enrichir le débat et les échanges. C’est donc aux côtés d’Alenka Doulain, coordinatrice des jeunes écologistes de Montpellier, invitée pour l’occasion, de Quentin Henaff, membre du bureau national du MJS et de Jonathan Bulit, responsable du MJS 34, que les échanges se sont construits.

De l’opacité des négociations, sur les conséquences que pourraient engendrer un éventuel accord sur nos normes sanitaires, sociales et environnementales, chacun a pu développer son approche, mais sur ces points en particulier, comme sur l’ensemble de la négociation, Eric Andrieu a rappelé que compte tenu de l’importance du volume des échanges commerciaux entre l’UE et les USA (pratiquement la moitié des échanges mondiaux se font déjà entre les USA et l’Union européenne, sans traité), cet accord formaliserait et encadrerait la plus grande zone de libre échange du monde. Au-delà des craintes légitimes pour nos modèles, il peut être aussi l’occasion d’accéder à des marchés aujourd’hui interdits et si accord il devait y avoir, ce dont il doute pour un avenir proche, il est extrêmement important de veiller à un rééquilibrage en faveur de l’Union.

En tout état de cause, le texte final sera minutieusement analysé et évalué par les parlementaires européens. Ils ont déjà démontré qu’ils prenaient leur droit de véto très au sérieux par le rejet clair de l’accord ACTA.

Pour Eric Andrieu, l’accord issu des négociations, qui seront très longues, nécessitera de passer par le quitus du Parlement Européen, des Parlements nationaux et des 28 gouvernements. C’est dire si nous sommes loin d’un accord ! Il devra être mutuellement avantageux pour les deux parties, pour l’ensemble des citoyens Européens, ou alors il n’aura pas de suite.

Retrouvez-ci-dessous, l’intervention d’Eric Andrieu  lors du dernier débat  sur ce sujet en session plenière du Parlement à Strasbourg.

 

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire,

La répétition est la meilleure des pédagogies.

Oui la transparence sur le projet d’accord transatlantique doit être totale et pas une transparence de pièce de lecture. Un débat de fond, démocratique et public associant les citoyens, la société civile et les partenaires sociaux est indispensable. C’est pourquoi je demande, avec les socialistes, la publication exhaustive du contenu des échanges après chaque cycle de négociation.

Nous réclamons également le respect scrupuleux de l’ensemble des législations et des préférences collectives qui fondent notre modèle social européen. Tout éventuel accord doit favoriser les normes les plus élevées en matière d’environnement, de santé publique, de sécurité alimentaire, de droits sociaux et de droits fondamentaux; préserver également nos services publics et la diversité culturelle, et enfin, exclure – mais cela vous a été dit à de nombreuses reprises – le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS).

La qualité de l’accord doit primer sur le calendrier!

Je ne peux imaginer que nos indications géographiques ne soient pas protégées, ou que la qualité et l’excellence de nos produits, notamment agricoles, soient remises en cause. Pas de poulet chloré, pas de bœuf aux hormones, pas d’OGM, pas de clonage à but alimentaire, etc.

Nous défendrons farouchement cette position et exercerons avec fermeté notre devoir de vigilance et notre pouvoir d’influence tout au long des négociations.