Bruxelles – 30/03/2022 – Cette semaine, le Parlement européen donne son avis sur le plan d’action européen pour l’agriculture biologique proposé par la Commission avec un premier vote jeudi en Commission de l’Agriculture.

« Le texte comporte des avancées intéressantes certes mais je constate la volonté inquiétante des élus conservateurs de vouloir effacer des tablettes le chiffre symbolique de 25% des surfaces bio d’ici 2030. Ce chiffre a d’ailleurs totalement disparu de la version du Parlement votée ce jeudi. On ne parle plus que de l’objectif d’augmenter les surfaces en bio ce qui n’engage pas vraiment et manque cruellement d’ambition » alerte Eric Andrieu, Eurodéputé PS en charge de l’agriculture mais aussi des questions d’environnement au Parlement européen.

 

Des promesses non tenues ?

Parmi toute la panoplie de mesures proposées par la Commission européenne dans son combat contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité, deux promesses ont retenu la plus grande attention. D’une part la réduction de 50% de pesticides, d’autre part l’engagement d’atteindre 25% de surfaces bio à l’aube de 2030.

« Mais la droite européenne, conservatrice et néolibérale n’est pas sur la même longueur d’ondes. D’abord leurs représentants font le maximum pour postposer la réduction des pesticides et ensuite elle fait tout ce qu’elle peut pour effacer des textes tous les objectifs environnementaux des projets européens dont font partie les 25% en question ».

 

Une pièce à deux facettes

« Alors bien sûr, on peut se dire qu’il ne s’agit là que la première étape dans l’élaboration du plan pour l’agriculture biologique et que le processus n’en est donc qu’à ses débuts. Mais on peut aussi se dire que si, dès le départ, on installe du flou dans ce projet majeur, à l’arrivée, jamais les promesses environnementalistes ne seront tenues » tonne le Parlementaire européen Eric Andrieu. « Fixer un objectif quantifié permet toujours de mieux évaluer les politiques publiques mises en œuvre » rajoute-t-il.

 

Une coupable stratégie de l’immobilisme  

« Cette stratégie de l’immobilisme avait déjà été déployée lors du vote du projet « Farm to Fork », de la ferme à la fourchette, en tentant de faire croire le projet mènerait à la famine. Les progressistes avaient fini par l’emporter au Parlement européen. Aujourd’hui, à nouveau, ces mêmes élus de droite sabotent la politique environnementale, instrumentalisant la guerre en Ukraine pour revoir à la baisse tous les instruments de lutte contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité. 

 Même si dans le texte qui sera voté ce jeudi est mentionné l’importance d’augmenter la production bio, le risque de disparition de l’objectif chiffré de 25% de terres bio d’ici 2030 est donc avant tout la perte d’un symbole fort. »

 

Un texte qui comporte aussi des avancées pour le secteur

Pour le reste, ce texte rappelle des éléments importants. Parmi ceux-ci, on y établit que l’agriculture biologique y est, par exemple, bien identifiée comme l’un des principaux modèles vers lesquels aller pour avoir un système alimentaire plus durable. En effet, l’agriculture biologique n’utilise pas de pesticides, permet une utilisation efficace des ressources naturelles et constituent le référentiel le plus élevé en matière de bien-être animal.

« Nous y rappelons aussi que les moyens budgétaires manquent : les soutiens spécifiques au secteur bio représentent 1,8% de la PAC pour 8,5 % des surfaces européennes, c’est un problème ».

Les avantages environnementaux de l’agriculture biologique ne devraient pas seulement être soutenus par les consommateurs capables de payer un prix plus élevé avons-nous également souligné. « C’est, pour nous, au budget de la PAC de récompenser comme il se doit les agriculteurs biologiques pour les services environnementaux et tout ce que cela sous-entend que ce soit en terme de qualité de l’air, de l’eau, séquestration de carbone, paysages »

 

Une régulation du marché indispensable

« Dans le texte, nous insistons sur le besoin de réguler le marché de l’agriculture biologique car penser que l’offre et la demande vont automatiquement s’équilibrer c’est un leurre ! Avoir des organisations de producteurs plus fortes est une première étape importante ».

Enfin, la Commission européenne doit aussi prendre ses responsabilités en cas de crise de surproduction : dégager les surplus du bio vers le marché conventionnel en deçà d’un prix équitable pour les producteurs serait de toute évidence le meilleur moyen d’inciter les agriculteurs à se convertir.

 

 

Contact presse : Emmanuel Foulon + 32 497594186

 

 

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Ndlr : Ce premier vote en Commission de l’Agriculture (ce jeudi 31 mars) sera suivi par un vote de l’ensemble des membres du Parlement européen en mai.