Cette semaine, le Nutri-Score européen était au menu de la réunion des ministres. Cet étiquetage prônant une alimentation saine et durable doit, en théorie, être mis en place partout en Europe de manière uniforme d’ici la fin 2022.

 

Bruxelles – 25/09/2020« Seulement voilà, les lobbies étaient aussi présents à cette réunion. Non pas en personne, mais par la voix de plusieurs ministres qui ont défendu les intérêts de ceux-ci aux dépends des consommateurs européens et donc de l’intérêt général. C’est inacceptable ! » dénoncent plusieurs eurodéputés européens dont Eric Andrieu et Sylvie Guillaume.

Sept pays européens (l’Italie, la Grèce, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie et Chypre) s’y sont farouchement opposés. Ils vont même jusqu’à expliquer que le Nutri-Score est trompeur pour le consommateur. Ils sont pilotés par les intérêts de certaines entreprises nationales ou de multinationales implantées sur leur territoire.

« Il n’y a pas de pire lobby que celui qui convainc un élu ou une autorité de faire passer l’intérêt de quelques-uns au détriment de l’intérêt général ! » rajoutent-ils.

Aujourd’hui, 8 des 10 plus grandes multinationales sont toujours opposées au Nutri-Score. Leur raison est bien évidemment financière. Elles représentent à elles seules près d’un demi-millier de marques et surtout des dizaines de milliers de produits, qui, si un Nutri-Score unique était obligatoire, se verraient affublé d’un feu rouge à cause de leur excès en sucre, en sel ou en graisse. Pour ces industriels, le danger d’une perte colossale de profits est indéniablement la principale raison de leur rejet d’un Nutri-Score unique.

Pourtant, l’idée de cet outil n’est pas d’asséner des mauvaises notes mais bien de rendre leur pouvoir aux consommateurs, leur rendre la possibilité de faire des choix éclairés pour leur santé. L’intention n’est pas de proscrire les produits notés « E » mais de rappeler que ceux-ci ne peuvent pas constituer la base de l’alimentation.

« L’Europe ne doit pas céder aux pressions ! D’abord parce que la santé des 500 millions de citoyens européens est primordiale et parce que les consommateurs ont fait savoir qu’ils étaient majoritairement en faveur du Nutri-Score ». De même qu’au niveau politique, la Commission européenne a appuyé cette demande d’harmonisation du système d’étiquetage des produits alimentaires dans son plan « de la Fourche à la Fourchette ». « D’ailleurs, quelques États membres ont déjà fait le choix d’adopter le Nutri-Score. L’occasion est donc belle d’imposer enfin un label Nutri-Score européen. Une marche arrière serait un symbole désastreux ! »

« Nous avons besoin d’un Nutri-Score sur les emballages des produits afin qu’il soit efficace et plus encore qu’il soit commun à toute l’Europe. On ne peut laisser indéfiniment les grandes entreprises piloter le monde sans que l’intérêt général ne soit pris en compte. Les bénéfices de multinationales ne devraient jamais prévaloir sur la santé des citoyens européens, ni sur l’éthique. » concluent les Eurodéputés socialistes.