Les eurodéputés appellent la Commission européenne à mettre en place un plan stratégique d’approvisionnement en protéines végétales.

 

BRUXELLES– La Commission Agriculture du Parlement européen a adopté ce mardi 20 mars, à une large majorité (35+, 1-, 6 abst.), le rapport Denanot (S&D, FR) Une stratégie européenne pour la promotion des cultures protéagineuses qui demande un plan stratégique d’envergure pour les protéines en Europe, afin de renforcer l’indépendance de l’UE à l’égard des marchés extérieurs, d’assurer la transition vers une agriculture plus respectueuse de la biodiversité et des sols et de réorienter notre modèle de développement et d’alimentation.

« L’UE souffre d’un déficit important en protéines végétales, bien que le sujet soit sur la table depuis plus d’une dizaine d’années » souligne Jean-Paul Denanot. Aujourd’hui l’Europe est dépendante à plus de 90% des pays tiers. « Ce constat n’est pas tenable, ni sur le plan de la sécurité alimentaire ni d’un point de vue social ou environnemental ! »

Pour le rapporteur socialiste, « La question des protéines est une préoccupation majeure pour notre agriculture, à l’heure où les ressources s’épuisent et où la Chine s’accapare les matières protéiniques. »

« La production d’un soja européen sans OGM, contrairement au soja importé, majoritairement transgénique, est un créneau à exploiter », ajoute pour sa part Eric Andrieu, Porte-parole du Groupe Social-Démocrate pour les questions agricoles. « Il s’agit aussi de limiter les intrants chimiques et les pesticides en s’appuyant davantage sur les propriétés des plantes fixatrices d’azote. »

Le rapport préconise de valoriser non seulement les cultures riches en protéines, mais aussi toutes les légumineuses à graines, les surfaces fourragères et en herbe. Ce processus passe par une augmentation de la recherche, un plus grand recours à l’innovation et par une meilleure structuration territoriale des filières.

Pour les députés européens, il est indispensable d’intégrer ce plan protéines à la PAC post-2020 à travers un ensemble de mesures, comme la rotation, le couplage, les associations de culture et une aide aux services écosystémiques. « Nous attendons de la Commission, qui est actuellement en phase de consultation, qu’elle prenne des décisions audacieuses afin de revaloriser les protéines en Europe » ! conclut Jean-Paul Denanot.

 

 

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