Ce midi, le Parlement européen votera en faveur de la réduction des pesticides en Europe.

Strasbourg – 18 décembre – « Notre texte s’articule autour de 3 principes. D’abord il faut réduire drastiquement et rapidement l’utilisation de pesticides. Ensuite, nous demandons la mise en place d’outils permettant de déterminer les bons élèves en matière de préservation de la biodiversité et de fustiger les États qui n’en feraient pas assez. Enfin, nous dénonçons le manque de moyens alloués à la recherche pour travailler sur les causes du déclin des abeilles » explique, sans détour, Eric Andrieu, Eurodéputé PS en charge de l’Environnement.

La proposition de la Commission européenne sur les abeilles ? Faible pour ne pas dire nulle !

Vous entendrez sûrement la Commission européenne répondre à nos arguments, rappelant qu’elle a présenté il y a peu une « initiative européenne pour les pollinisateurs ».
Mais soyons sincères, cette proposition est affligeante de faiblesse. Elle ne permet aucunement de sauver la biodiversité pourtant tellement en danger.
Aucune réelle mesure efficace n’est proposée, que ce soit pour parer à l’agriculture intensive, au changement d’affectation des sols, aux questions climatiques, à l’accroissement des espèces exotiques invasives ; aucun carnet de route non plus sur la diminution d’utilisation des pesticides en Europe.

Quelles sont les urgences ?

Du maintien de la biodiversité et de la survie des abeilles dépendent la survie même, de l’être humain. Les autorités, qu’elles soient européennes ou nationales, se doivent donc d’être nettement plus ambitieuses qu’elles ne le sont actuellement. Parmi nos exigences :

1/ des mesures urgentes pour réduire l’usage des pesticides et sauver les abeilles de l’UE, selon les députés. Je rajouterais même que des objectifs clairs doivent être fixés. La Commission européenne a fixé comme but le zéro carbone en 2050, de tels objectifs doivent également être mis en place en matière de pesticides !
2/ nous voulons mettre en avant les bons élèves européens et fustiger les gouvernements pour qui l’environnement n’est pas important. Pour ce faire, l’usage des pesticides devrait devenir un indicateur commun qui rentrerait en ligne de compte dans l’évaluation des mesures nationales.
3/ Nous voulons des mesures fortes au sein de la PAC qui incitent les agriculteurs à repenser en profondeur leur pratiques et qui les accompagnent vers des méthodes de production plus durables leur permettant d’être performants à la fois sur le plan économique écologique et sociale
4/ nous voulons que soient alloués bien plus de moyens à la recherche pour travailler sur les causes du déclin des abeilles. « On trouve des millions pour sauver les banques mais quand il s’agit de sauver la biodiversité et les abeilles par contre… »

« Enfin, je rajouterais que je me bats pour une politique agricole commune nettement plus ambitieuse et bien plus respectueuses du travail des agriculteurs, ainsi que de le production d’une nourriture de qualité, des éléments qui manquent largement dans la proposition sur la table ». Parmi les autres éléments qui manquent, eux aussi, ce sont précisément des mentions claires sur les objectifs de réduction de pesticides et sur le combat pour la biodiversité.