Les rapporteurs pour avis de la commission de l’agriculture du Parlement européen demandent la protection des produits sensibles dans les négociations de libre-échange à venir de l’UE avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le socialiste français Éric Andrieu juge que, vis-à-vis de l’Australie, « l’Union doit s’abstenir de prendre quelque engagement que ce soit » dans des secteurs tels que les viandes bovine et ovine et les sucres spéciaux. Il rappelle que « tous les contingents tarifaires qui pourraient être accordés (à ce pays) auront vocation, à l’issue du Brexit, à s’appliquer à un marché communautaire réduit », et qu’« il conviendra dès lors d’en tenir soigneusement compte dans le calibrage des offres de l’Union ».

Le Britannique James Nicholson (groupe des conservateurs et réformistes) invite la Commission de Bruxelles à « garantir des conditions de concurrence équitables » dans les futurs pourparlers avec la Nouvelle-Zélande, « par exemple en instaurant pour les secteurs les plus sensibles des périodes de transition ou des quotas appropriés, ou en s’abstenant de prendre des engagements ». Les produits « vulnérables » étant notamment, précise-t-il, les produits laitiers et la viande ovine et caprine.

Présentés à la commission parlementaire de l’agriculture le 30 août, les deux projets d’avis seront, une fois votés par celle-ci (probablement le 2 octobre), transmis à la commission du commerce international, leader sur ces dossiers, dont le rapporteur, l’Allemand Daniel Caspary (groupe du Parti populaire européen), se contente, pour les négociations avec les deux pays, de prôner des « résultats équilibrés » dans le secteur agricole, « par exemple en mettant en place des quotas » pour les produits les plus sensibles.

« Traitement spécifique »

En réponse à une question écrite parlementaire, Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, souligne que les documents d’orientation convenus avec l’Australie (1) et la Nouvelle-Zélande (2) en vue de l’ouverture de négociations commerciales « confirment l’accord de toutes les parties » sur la nécessité de « trouver un traitement spécifique pour les produits agricoles sensibles », ce qui « peut inclure de longues périodes de démantèlement des droits de douane, des quotas tarifaires, ou toute autre solution jugée appropriée par les parties ». La commissaire européenne précise que la Commission a procédé à l’évaluation de l’impact de futurs accords de libre-échange avec les deux pays « sur des secteurs variés en fonction des différents scénarios de libéralisation ». Elle ajoute que « ce document sera rendu public une fois que le Collège aura adopté les recommandations au Conseil de l’UE pour l’ouverture des négociations ».

 

Source : AGRA EUROPE