Interview d’Eric Andrieu paru dans L’Express le 12/02/2014 . Pour consulter l’article sur le site de L’Express, cliquez ici.

Contre la majorité des Etats et contre l’avis du Parlement, la Commission européenne va autoriser la culture d’un OGM, le maïs TC1507. Interview d’Eric Andrieu, eurodéputé PS outré.

Comment l’Union européenne peut-elle autoriser un OGM dont le Parlement a préconisé l’interdiction?

Je suis désespéré par cette décision. C’est une journée noire pour la démocratie. Le Parlement a effectivement voté l’interdiction et on sait que les citoyens n’en veulent pas. Les ministres européens se sont assis sur leur avis, en particulier ceux d’Allemagne, du Portugal, de Belgique et de République tchèque, dont l’abstention équivalait à une autorisation. 

 Quel recours existe-il pour que le maïs TC1507 soit interdit au niveau européen?

Aucun. Le Conseil des Etats s’est défaussé sur la Commission européenne, qui doit valider l’autorisation. Ce n’est pas acceptable pour autant, c’est un déni de démocratie. On est allé précipitamment. Cela montre que le débat n’a été assez approfondi. Je m’interroge sur l’influence des lobbys sur le débat à l’intérieur du Conseil…

 Ce n’est pas vraiment une bonne publicité pour les élections européennes de mai prochain…

Cela peut renforcer la parole de ceux qui remettent en question la démocratie européenne. Les sociaux-démocrates dont je suis plaident d’ailleurs dans cette campagne pour modifier les institutions afin que les questions sociétales aient droit à un véritable débat démocratique. On constate à nouveau qu’il faut réviser l’équilibre des décisions entre le Conseil et le Parlement en faveur du Parlement.

Une proposition de loi soutenue activement par le gouvernement français devrait cependant interdire en avril prochain la culture du maïs transgénique en France…

C’est une position courageuse du gouvernement français et un acte de démocratie. Je regrette que la position de la France n’ait pas été suivie au sein du Conseil et je rends hommage à notre ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, qui avait pris la mesure de la question.