Réaction d’Éric Andrieu, Eurodéputé socialiste en charge des questions environnementales et Ex-Président de la Commission PESTicides au Parlement européen, suite au vote sur la loi relative à la mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques à l’Assemblée Nationale.

 

Bruxelles – 06/10/20 – « Cette loi est un reniement. Un reniement aux promesses environnementales de la France, elle qui avait été la première à interdire les néonicotinoïdes. Il s’agit également d’un reniement aux responsabilités qui incombent aux dirigeants d’un État de garder ses citoyens en bonne santé, de les préserver du danger, de prôner l’intérêt général. À toutes ces tâches, les dirigeants français ont failli ! », s’insurge Eric Andrieu.

De plus, cette décision pourra faire jurisprudence. Il suffira qu’un secteur se déclare en difficulté économique, et que l’État soit incapable de gérer la situation pour que toutes les mesures progressistes prises auparavant soient annulées. « Aujourd’hui les betteraviers, demain pourquoi pas les producteurs de tabac ? »

Le manque d’anticipation de ce gouvernement, sa mauvaise gestion de cette crise sont de grande ampleur, mais pourtant bien en dessous de ce que peut représenter les conséquences désastreuses d’une telle décision.

« Alors que nous traversons une crise sanitaire qui a prouvé à tous que la destruction des écosystèmes représente un immense danger, la France recule… et se détourne de l‘intérêt de ses citoyens », déplore l’eurodéputé audois.

« Je rappelle que la France ayant prouvé son incompétence en matière environnementale, l’Europe peut encore agir. Une enquête pourrait être menée sous peu. Si elle détermine que la dérogation française n’était pas indispensable, elle pourrait être cassée », conclut-il.