Communiqué de la Délégation Socialiste Française  – 29 mai 2013

La Commission européenne a publié aujourd’hui sa « proposition de recommandation du Conseil concernant le programme national de réforme de la France pour 2013 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour la période 2012-2017 ».

Le petit livre rouge de la Commission européenne est toujours le même : l’austérité à outrance. Tous les observateurs voient que le remède est inefficace, il en faudra pourtant plus pour que la Commission européenne change de bréviaire !

« Pour équilibrer durablement le système de retraite en 2020 au plus tard », la Commission européenne ne connaît que les pistes libérales habituelles comme « augmenter l’âge légal de départ à la retraite ».

Pour la compétitivité, la Commission préconise de rogner les acquis sociaux, en « poursuivant la réduction du coût du travail, notamment en adoptant d’autres mesures pour réduire les cotisations sociales patronales et  faire en sorte que le salaire minimum évolue d’une manière propice à la compétitivité et à la création d’emplois ». « Réviser les structures d’actionnariat », « supprimer l’interdiction de la vente à perte », « mettre fin aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité », « ouvrir le transport intérieur de passagers à la concurrence », « rapprocher les taux réduits du taux normal de TVA »… autant de choix politiques que de prétendus experts voudraient imposer comme des solutions techniques évidentes et sans alternatives, qui s’imposent d’elles-mêmes !

Alors que la Commission européenne accorde deux années supplémentaires à la France pour réduire son déficit, elle persiste et signe dans le dogmatisme libéral des réformes structurelles. En France, François Hollande se bat pour une politique économique intelligente, conciliant sérieux budgétaire et sauvegarde des investissements favorables à la croissance. Au Parlement européen, nous préconisons un pilier social fort, qui garantisse des normes salariales pour empêcher que les réformes structurelles ne provoquent une spirale récessioniste, qui évite que la discipline budgétaire ne réduise la qualité des services publics et de la protection sociale et qui favorise l’intégration des jeunes sur le marché du travail et l’accès au logement pour tous.

Parce que la sauvegarde du modèle social européen doit devenir une partie intégrante de la gouvernance de la zone euro, nous préconisons un « pacte social » comprenant : une garantie pour la jeunesse, des services publics de qualité, un revenu minimum décent, l’accès au logement social à un prix abordable, la mise en place d’un filet de sécurité sociale afin de garantir l’accès à des services de santé essentiels sans condition de ressources, un protocole social afin de protéger les droits sociaux fondamentaux et du travail, un encadrement européen pour une gestion socialement responsable des restructurations, une nouvelle stratégie pour la santé et la sécurité au travail qui englobe les maladies liées au stress et l’application du principe « à travail égal, salaire et droits égaux ! ».

Parce que cette doxa est chaque jour plus insupportable pour les Européens, qu’on se le dise : à la Commission européenne, le changement, c’est pour bientôt !