Depuis 2013, Eric Andrieu et les eurodéputés socialistes & radicaux tirent la sonnette d’alarme.

Depuis, nous ne cessons d’exiger une législation européenne contre cette menace invisible et permanente, qui affecte déjà la santé des êtres humains : baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein, etc. Ces troubles sont en nette augmentation ces dernières décennies et fortement corrélés aux perturbateurs endocriniens.

La Commission européenne n’a pas fait son travail ; elle n’a pas énoncé des critères pour les identifier. A l’initiative de la Suède, et avec le plein soutien du Parlement européen et de la France notamment, la Cour de justice de l’Union européenne a condamné la Commission européenne sur ce sujet à la fin de l’année 2015.

Il est maintenant urgent que cette dernière renforce la réglementation européenne : nous devons réduire drastiquement l’exposition du public aux perturbateurs endocriniens, en particulier les enfants et les femmes enceintes.

Ce sujet est d’ailleurs à rapprocher de l’offre d’achat préoccupante faite par Bayer sur Monsanto : rien de bon ne peut venir d’un monde où trois multinationales vendraient un paquet complet -semences OGM, engrais et pesticides chimiques. Ce dossier, éminemment politique, ne doit pas être traité par les seules autorités de la concurrence : nous devons refuser ces fusions dans l’agrochimie qui finiront par mettre l’agriculture mondiale dans les mains d’entreprises devenues plus puissantes que les Etats dans la définition de politiques tournées à leur seul avantage.

L’annonce de la présentation des critères de classification des perturbateurs endocriniens à la réunion du Collège des Commissaires européens du 15 juin 2016 est une bonne nouvelle même si elle intervient très tardivement. Espérons que la Commission européenne saisisse cette dernière chance pour mettre fin à la défiance des citoyens à l’égard des institutions européennes.

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Nota : les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui interfèrent avec le fonctionnement du système hormonal. Ils sont présents partout autour de nous, dans les cosmétiques, les emballages, les jouets pour enfants et même dans certains dispositifs médicaux. A l’image du Bisphénol A ou des phtalates, ils constituent un sujet de santé publique majeur.