Le Parlement européen a largement soutenu le rapport Andrieu sur l’organisation commune des marchés (463 + / 133 – / 92 abstentions).

 

Bruxelles – 23/10/2020 – « Je suis très heureux d’avoir réussi à convaincre de l’importance de rénover les outils européens de gestion des crises. Mettre en place des mécanismes efficaces pour prévenir et mieux gérer les crises agricoles était un impératif. Il est important que les agriculteurs puissent obtenir un revenu plus équitable et plus stable afin de les soutenir dans la transition verte à venir. C’est un pas dans la bonne direction » se réjouit Éric Andrieu, Eurodéputé socialiste.

 

« Nous avons voulu professionnaliser la gestion de crise au niveau européen. La bonne nouvelle, c’est que par ce vote, une majorité d’eurodéputés reconnait enfin que les marchés ne s’autorégulent pas et que l’ultralibéralisme n’est pas la voie ».

 

La Commission européenne sera donc davantage responsabilisée et devra enfin jouer pleinement son rôle de régulateur sectoriel en matière agricole. Pour ce faire, elle s’appuiera sur un cadre de performance en matière de prévention et de gestion des crises agricoles, définira ses stratégies d’action, constituera ses indicateurs de suivi et de résultats et sera évaluée annuellement sur son action par le Parlement européen et le Conseil devant qui elle devra rendre des comptes.

 

Elle pourra aussi s’appuyer sur un observatoire européen unique des marchés agricoles. Ainsi, des alertes précoces pourront être émises en cas de perturbation des marchés. 

 

L’importation de produits alimentaires ne respectant pas du tout les normes de production sociales et environnementales européennes sera également interdit si besoin. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du mécanisme de compensation carbone aux frontières du pacte vert européen qui prévoit que la politique commerciale européenne doit contribuer à atteindre les objectifs environnementaux fixés.

 

Le secteur viticole n’est pas non plus oublié. Le Parlement européen a voté la prolongation des autorisations de plantation de vignes jusqu’en 2050 et une simplification des procédures pour modifier les cahiers des charges des appellations d’origine protégée ainsi que là possibilités pour les Interprofessions de mieux négocier les accords sur le partage de la valeur. 

De plus, pour répondre aux évolutions de consommation, les pratiques qui visent à faire baisser la concentration d’alcool des vins sous 8,5% est reconnue. Enfin, la valeur énergétique des vins sera également précisée sur l’étiquetage et la liste des ingrédients davantage portée à connaissance des consommateurs.

 

Tous les produits sous appellation d’origine protégée pourront collectivement adapter leur production à la demande, il s’agit là également d’une belle avancée pour le secteur.

 

Toutefois, je regrette que ma proposition pour sécuriser le revenu des producteurs bio ait été rejetée. Je ne vois pas comment nous pourrons atteindre les 25% de surfaces en agriculture biologique dès 2030 si on ne soutient pas efficacement les agriculteurs dans la transition de pratiques à moindre risques et si on ne les aide pas à se passer de pesticides.

 

« Professionnaliser la gestion européenne des crises agricoles, forcer la Commission européenne à jouer son rôle de régulateur du marché et permettre aux producteurs de s’organiser et de lutter à armes égales avec les distributeurs : de réelles nécessités pour un secteur qui a énormément souffert ; des impératifs soutenus dorénavant par une majorité au sein du Parlement européen » conclut encore Éric Andrieu, Eurodéputé PS.