Les eurodéputés demandent une meilleure valorisation des services rendus par les pollinisateurs.

 

BRUXELLES- La Commission de l’Agriculture du Parlement européen a adopté, ce mardi 23 janvier, à la quasi-unanimité (38+, 1-), le rapport ERDŐS sur les perspectives et les enjeux du secteur apicole de l’Union européenne. « L’apiculture est un enjeu majeur », estiment les eurodéputés Jean-Paul DENANOT et Eric ANDRIEU, «Le rôle des abeilles les rend indispensables à la préservation de la biodiversité et donc à notre sécurité alimentaire. »

Les europarlementaires veulent notamment s’attaquer au miel frelaté, qui porte un préjudice considérable aux apiculteurs européens, et expose les consommateurs à des risques sanitaires graves. Ils souhaitent ainsi améliorer l’étiquetage, la promotion et l’information auprès des consommateurs et demande à la Commission européenne un meilleur contrôle aux frontières de l’UE. «Un tiers du miel vendu dans l’UE est frelaté ! », rappelle Eric ANDRIEU, Porte-parole des sociaux-démocrates européens aux questions agricoles. Selon les tests menés en 2015 par la Commission européenne sur plus de 2 000 échantillons de miel, 32 % des miels vendus dans l’UE n’étaient « pas conformes ou soupçonnés de ne pas l’être ».

Le rapport demande également à la Commission de veiller à ce que le miel et les autres produits apicoles soient considérés comme des « produits sensibles » et soient ainsi exclus des accords de libre-échange.

Le rapport prévoit, par ailleurs, un soutien accru au secteur, notamment en renforçant la recherche et la formation par une augmentation de 50 % de la ligne budgétaire de l’UE réservée aux programmes apicoles nationaux. Pour Jean-Paul DENANOT : « La future PAC doit davantage valoriser les services écosystémiques rendus par les abeilles et les multiples utilisations du miel, notamment à des fins thérapeutiques. Il faut accentuer la recherche dans le domaine de la génétique pour rendre les abeilles résistantes à différents fléaux tels que Varroa destructor, tout en restructurant la filière apicole pour la rendre plus professionnelle. C’est l’objet du projet pilote que nous portons au Parlement européen. »

 

Le rapport exige des règles plus strictes concernant les produits phytopharmaceutiques et leur autorisation. Pour Eric Andrieu, « Il y a urgence ! Dans certaines régions d’Europe, le taux de mortalité des abeilles atteint les 80%. En Europe, pour satisfaire la pollinisation des cultures, il manque aujourd’hui 13 millions de ruches. Le repeuplement des abeilles en Europe passe par la restauration des écosystèmes et l’interdiction progressive des pesticides dans l’agriculture. À terme, nous devons arriver à tendre vers le zéro pesticide. »

 

 

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