Retrouvez l’article publiée sur Liberation.fr le 21/11/2013 en cliquant ici.

Dans une tribune publiée mardi sur le site de Libération, les eurodéputés écologistes dénoncent le vote du budget européen pour la période 2014-2020, accusant notamment les socialistes de collusion avec les conservateurs européens. Nous ne pouvons laisser de telles accusations sans réponse, à plus forte raison quand il s’agit directement de l’avenir de l’Union européenne. Revenons donc sur les faits.

A l’heure du bilan, notre détermination et notre travail ont permis plusieurs avancées, obtenues à chaque fois par le meilleur des compromis possibles compte tenu du rapport de force politique, au Conseil, à la Commission et au Parlement européen. L’élection de François Hollande a permis des progrès essentiels : Nicolas Sarkozy prévoyait en effet de sabrer le budget communautaire de plus de 200 milliards d’euros pour parler des volumes généraux et d’enterrer l’aide alimentaire aux plus démunis, essentielle en période de crise, puisqu’elle permet à nos concitoyens les plus durement touchés par la conjoncture économique de se nourrir.

Non seulement nous sommes parvenus à empêcher cette réduction drastique du budget européen, mais nous avons aussi réussi dans cette négociation à arracher des dispositions essentielles pour nos objectifs politiques : le retour à la croissance et la protection des plus fragiles dans la crise. Le cadre financier pluriannuel, crée, pour la première fois, une prestation sociale européenne avec la mise en place d’une garantie jeunesse : chaque jeune, après quatre mois au chômage, se verra proposer, soit un apprentissage, soit une formation, soit un travail. En ce qui concerne les politiques d’avenir, ce budget comprend une augmentation substantielle des fonds consacrés aux infrastructures de transport, à la recherche et l’innovation, leviers essentiels à la croissance et à la cohésion européenne et renforce les crédits destinés à la création d’emploi, dans les PME notamment.

Nous considérons que le cadre financier pluriannuel doit être la première pierre du «pacte de croissance», négocié par le président de la République en juin 2012. Même si le chemin est encore long, nous sommes convaincus qu’il faut s’atteler à la tâche dès maintenant, sans fausse candeur, car il y a urgence.

Voter contre ce budget, c’est faire le choix de la facilité, comme l’a fait l’extrême droite, sans surprise, et revient à condamner toutes ces avancées, au motif qu’elles seraient insuffisantes. Nous avons décidé de ne pas être les fossoyeurs de l’aide aux plus démunis ou de la garantie jeunesse : les Restos du cœur et les banques alimentaires apprécieront la différence, tout comme les 300 000 jeunes en France qui vont pouvoir bénéficier du nouveau dispositif européen. Nous avons fait le choix de la cohérence et de la responsabilité en votant ce budget, contrairement à d’autres formations politiques, notamment extrêmes ou eurosceptiques, et nous assumons, la tête haute, notre position.

Bien sûr, il reste urgent de réformer un système de financement à bout de souffle. La question des ressources propres pour le budget communautaire, seule alternative crédible au marchandage de boutiquiers entre Etats, est pour nous LA priorité absolue de la prochaine législature.

Mais aujourd’hui, nous ne comprenons pas qu’une formation politique alliée et progressiste ne saisisse pas l’importance du défi que nous devons relever en matière de droits sociaux, de créations d’emplois et de protection de nos concitoyens. Rejeter le budget, c’est condamner toute sortie de crise à court terme: les socialistes proposent aux Européens de construire une alternative crédible au piège de l’austérité dès 2014.

Eric Andrieu, Pervenche Berès, Françoise Castex, Jean-Louis Cottigny, Harlem Désir, Sylvie Guillaume, Liêm Hoang-Ngoc, Gilles Pargneaux, Isabelle Thomas, Patrice Tirolien, Catherine Trautmann, Bernadette Vergnaud, Henri Weber.