« La Commission européenne présentera, ce mercredi, ce qui devrait être la plus déterminante proposition de budget européen de son histoire. En effet, sur fond de crise climatique, sanitaire, et potentiellement économique, une proposition faible de Bruxelles qui ne permettrait pas de relancer la machine pourrait être décisive si pas fatale à l’Europe » prédit l’eurodéputé socialiste Eric Andrieu.

 

Une proposition budgétaire début 2020 en carton

Souvenons-nous que déjà, la proposition sur la table avant le Covid-19, était totalement inadmissible et ne permettait déjà pas de mener à bien les projets d’intérêt général européen. De nombreux domaines étaient impactés par cette diminution budgétaire dont la recherche ou l’agriculture, ce qui ne manque pas de piquant quand on sait que quelques semaines plus tard, le coronavirus frappait de plein fouet l’Europe et remettait ces deux domaines d’activité au cœur des priorités.

 

L’agriculture européenne en danger

« Pour l’enveloppe budgétaire agricole, une diminution de 5 milliards d’euros était à l’ordre du jour au mois de février. C’est tout simplement inacceptable et ce serait faire preuve de mépris que de raboter un peu plus encore les moyens de ceux qui durant, toute cette crise sanitaire, ont nourri et nourrissent encore toute la population ». 

Parmi les enseignements à tirer de la crise sanitaire, l’une des plus évidentes est ce rappel que l’agriculture est vitale pour les citoyens européens. Plus que jamais, cette période démontre qu’il s’agit bien d’un secteur prioritaire dont le rôle est de nourrir la population.

A l’heure où l’on promet aux Européens la sécurité et la traçabilité alimentaire « de la Ferme à la Fourchette », où l’on plaide pour une véritable souveraineté alimentaire européenne, nous avons besoin des agriculteurs et du monde rural pour assurer notre autosuffisance alimentaire, manger plus sainement et préserver notre santé, nos terroirs et notre biodiversité.

La transformation profonde du modèle agricole européen est plus que jamais nécessaire : assurer un niveau de vie décent à la profession, et passer à une agriculture privilégiant les circuits de proximité et la qualité, doivent être des priorités majeures. C’est pour cela que nous nous battons pour une réforme en profondeur de la prochaine Politique agricole commune (PAC). Mais refuser de financer correctement la PAC, c’est tuer cette réorientation, et c’est jeter l’agriculture européenne dans une grave précarité ! 

 

Agriculture et environnement

Le prochain budget de l’UE doit aussi largement augmenter la partie allouée à la protection de l’environnement ; 20% comme c’est le cas dans le budget actuel est largement insuffisant. Il est impératif que ces propositions soient strictement alignées sur le Green Deal et les objectifs climatiques de Paris. En cette période exceptionnelle, il faut déployer des moyens tout aussi exceptionnels !

 

Il est important aussi que le budget de la PAC et celui du green deal soient réfléchis de concert, au même moment, tout comme leurs objectifs qui doivent être intimement liés. Il n’y aura pas de Pacte vert européen efficace s’il n’y a pas une profonde réforme de la politique agricole commune ; et il n’y aura pas de réforme profonde de la PAC sans les moyens financiers adéquats …

 

Ressources propres pour sauver l’environnement

À chaque négociation budgétaire, une réalité se fait un peu plus criante : l’Europe doit se doter de ressources propres. « Je suis, comme de nombreux progressistes au Parlement européen, en faveur d’une taxe européenne de 0,1% sur les transactions financières, qui pourrait rapporter plus de 50 milliards d’euros par an, ainsi qu’un impôt sur les bénéfices de 5% qui pourrait rapporter près de 75 milliards d’euros par an. En tout, il s’agit de 120 milliards d’euros que nous pourrions utiliser pour financer par exemple le volet environnemental. Une solution profitable à tous, y compris aux budgets nationaux ».

 

Conclusion

« Une fois encore, je le répète : en cette période exceptionnelle, il faut déployer des moyens tout aussi exceptionnels ! Il en va de la crédibilité des institutions européennes de mettre en place les outils adéquats pour faire face aux crises sanitaires, climatiques et économiques. Un budget européen au rabais ne serait rien d’autre qu’un renoncement ! » conclut l’eurodéputé Eric Andrieu.