Le Parlement européen s’est exprimé sur l’architecture de la nouvelle PAC pour la période 2014-2020. Quatre textes législatifs ont été votés, ouvrant ainsi la voie aux négociations avec les Etats membres.

L’objectif des socialistes est clair : nous voulons une PAC modernisée qui réponde à deux enjeux majeurs, la préservation de l’environnement et la sécurité alimentaire, tout en respectant un principe intangible : l’équité.

S’il fallait insister sur certaines avancées, je retiendrai d’abord celle visant à une meilleure distribution des aides de la PAC. Nous avons porté avec Stéphane Le Foll l’idée française de la surprime aux premiers hectares, et nous venons de remporter aujourd’hui cette victoire. Je déplore cependant que le Parlement n’ait pas adopté le plafonnement des aides à 200 000 euros que j’avais proposé. En outre, nous avons permis que l’aide au couplage soit autorisée pour toutes les productions. Nous avons aussi obtenu plus de transparence afin d’identifier les bénéficiaires de la PAC, renforçant ainsi la confiance des contribuables.

Une autre avancée essentielle concerne le verdissement de la PAC : nous avons souhaité que les aides de la PAC participent à un développement plus durable de l’agriculture permettant de combiner performances économique, environnementale et sociale. C’est pourquoi nous avons défendu le verdissement d’une partie des aides de la PAC, afin d’assurer une transition écologique de l’agriculture et de l’aider dans ses mutations pour produire beaucoup mais mieux, ce qui suppose un changement des modèles de production. Ainsi, mon amendement préconisant un plan stratégique d’approvisionnement en protéines contribuera à ce changement par une diversification des cultures.

Par ailleurs, face aux tenants de l’ultra-libéralisme, nous avons su convaincre de la nécessité de disposer d’instruments de régulation de la production et des marchés agricoles. Notre sécurité alimentaire en dépend, et l’avenir de l’agriculture aussi : sans un minimum de stabilité les agriculteurs et toute la filière agroalimentaire ne peuvent se développer et investir. Nous refusons la libéralisation continue de la PAC et préconisons de rétablir des outils publics de gestion des marchés, souples et efficaces et des outils pour faciliter l’organisation des filières par un renforcement des approches collectives: groupements de producteurs et interprofessions. Pour illustrer cette approche nous avons refusé la libéralisation du secteur du vin par l’obtention du maintien des droits de plantation. Pour ce même secteur, j’ai obtenu la réintroduction de l’aide aux moûts concentrés.

Enfin, pour les régions méditerranéennes et défavorisées, mes amendements sur l’extension des aides aux parcours de montagne, sur l’investissement dans l’irrigation et la prévention contre les incendies de forêt et  sur l’agroforesterie ont recueilli la majorité des suffrages des parlementaires.